Volume 26 Numéro 21 Le 30 juin 2009

Le Mot du président: Maître chez nous grâce à la coopération!

Par Denis F. Bourdeau, président, L'Union des cultivateurs franco-ontariens


C’est avec une grande nostalgie que j’écris ce texte en ce 21 juin, la journée de l’année où il y a la plus longue durée de lumière. À partir d’aujourd’hui, les journées vont raccourcir, comme disait pépère Henri? pour finir en hiver.

Parlant de belle saison, laissez-moi vous conter ce que j’ai vu par une belle journée de la mi-mars dernier près de Bloomington, Illinois. En traversant la campagne sur le chemin du retour vers la maison-mère de Growmark, je voyais plein de tracteurs travailler les champs. Que je les trouvais chanceux! Et je demandais ce qu’on faisait en agriculture juché là-haut en Ontario, encore en plein dans la saison des sucres et de la fonte des neiges.

Eh bien! La semaine passée, à la mi-juin, j’ai eu l’occasion d’y retourner, pour constater que les semeurs de la mi-mars de Bloomington n’avaient pas pu compléter la moitié de leurs semences de maïs La pluie les a retardés d’au moins 50 jours!

Comment est-ce possible?

Ces agriculteurs principalement de grandes cultures, travaillent des sols qui comptent jusqu’à huit pieds de « top soil » (terre végétale) de profond! Et justement, essayez d’imaginer quand ces 8 pieds de terre limoneuse s’engorgent d’eau, les semaines que ça prend à sécher?

Toujours est-il, « le malheur des uns fait le bonheur des autres », comme le dit le dicton: Le prix du maïs grain monte à mesure que mes semeurs d’Illinois changent leurs plans de culture de maïs pour du soya.

Célébrons le mouvement coopératif!
Le vendredi 19 juin dernier était un grand jour pour le monde coopératif: on célébrait le 100e anniversaire du CCA (Canadian Co-operative Association ? Association des coopératives canadiennes) dont le nouveau président élu est nul autre que notre Claude Gauthier.

Claude est un Franco-Ontarien natif de Earlton. Il a toujours milité inlassablement pour faire avancer la cause du mouvement coopératif en agriculture ontarienne.

En vue de ce grand événement, un sondage de la population canadienne durant l’hiver dernier, demandait aux Canadiens qui selon eux était le plus grand coopérateur de tous les temps. Plus de 8000 réponses fusèrent de toutes les provinces, et le grand élu fut le célèbre Alphonse Desjardins.

Ce grand visionnaire touché par la pauvreté des citoyens de Lévis (en face de Québec), et les abus usuriers du capitalisme du temps, fonda avec son épouse Dorimène Roy Desjardins, la première Caisse populaire de tous les temps. De son vivant, il participa à la fondation de 163 caisses, dont 18 en dehors du Québec, en Ontario et 9 aux États-Unis.

N’allez surtout pas croire que le capitalisme outrancier n’existe plus de nos jours. Au contraire, il est en vie plus que jamais. La présente crise économique nous en donne des exemples éloquents.

Pensons par exemple, à certains détaillants de grandes surfaces qui payent tout juste le salaire minimum à leurs employés, pendant que des cadres supérieurs se versent des millions en boni. Quand des employés peinent à se payer une auto ou une maison, leurs patrons s’enrichissent aux dépens des coffres des entreprises.

De plus en plus d’employés se retrouvent précisément dans cet état de pauvreté que M. Desjardins avait tenté d’éradiquer.
Pour nous protéger, nous avons plus que jamais besoin de nos institutions coopératives. Après tout, il n’y a rien comme être maître chez nous.

Bonne saison des foins’ et bonne Saint-Jean-Baptiste en passant!

Denis

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