Volume 33 Numéro 17 Le 06 mai 2016

Le Nord actualise son potentiel agricole


Monique Legault, chef régionale du Nord de l’Ontario pour le développement économique au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales (MAAARO). Photo courtoisie

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


« Nous avons un personnel compétent, dynamique et bien connecté sur le terrain », affirme Monique Legault, chef régionale du Nord de l’Ontario pour le développement économique au ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales (MAAARO). « Ces représentants sont des conseillers en développement d’entreprises agricoles auprès des producteurs, des transformateurs, des municipalités, des associations et des Premières Nations. »

Cette effervescence au MARRRO se reflète dans les changements en agriculture dans le Nord de l’Ontario. Finis cette région isolée et marginale! Le Nord a maintenant une agriculture industrielle. Certains cultivent jusqu’à 10 000 acres. Le Nord a ses propres élévateurs à grains et il n’y a jamais assez de silos. Aussi, il se produit de plus en plus de grains pour la consommation humaine. Certaines années, près de la moitié de la production de canola en Ontario a été produite dans le Nord.  Le soya y est produit à grande échelle et de nouvelles cultures apparaissent chaque année.

Certaines fermes laitières augmentent leur production et plusieurs sont équipées de robots. La production de bœuf connaît un essor et à en croire l’Association des éleveurs de bœuf, ce n’est qu’un début.  L’agriculture se diversifie et on assiste à l’émergence de l’aquaculture, on voit apparaître des fromageries, des micro-brasseries et même d’une distillerie. Même le sirop d’érable est en ébullition! Les producteurs de l’Ontario veulent augmenter le volume à l’exportation de 20 %.

Le mouvement « Mangeons local » prend de l’ampleur. Il attire de nouveaux entrepreneurs en horticulture. Selon Mme Legault, ces jeunes entrepreneurs venus d’ailleurs semblent bien heureux. S’ils sont attirés par le prix des terres, ils découvrent rapidement l’entraide, l’appui et le sens de la communauté.

Les municipalités participent également à la mise en valeur de l’agriculture dans le Nord. Par exemple, Thunder Bay a adopté une charte locale en alimentation. Kapuskasing a acheté l’ancienne ferme expérimentale fédérale et s’en sert comme vitrine pour quiconque veut s’installer dans cette région. West Nipissing , Témiskaming Shores s’impliquent… Plusieurs villes construisent des marchés de fermiers ou voient à leur croissance.

Un des groupes de producteurs en agriculture (NOFIA – Northern Ontario Farm Innovation Alliance)  a créé un site Web : « farmnorth. com » après une vaste consultation auprès de tous les groupes d’agriculteurs du Nord. En plus d’être une mine de renseignements pour d’éventuels cultivateurs, c’est un outil d’échange entre producteurs pour promouvoir le travail collaboratif.

Monique Legault dirige une équipe régionale avec des conseillers à Emo, Thunder Bay, Thessalon, Verner, New Liskeard et l’île Manitoulin.  Leurs services, offerts en français, sont variés, incluant de l’aide technique et l’appui à la préparation de plans d’affaires ou de demandes de subventions, notamment.  Les conseillers ont aussi accès aux spécialistes en agriculture d’ailleurs en Ontario et ils travaillent avec le ministère du Nord et des Mines dans des projets de développement économique agricole.

Déjà certains résultats sont visibles. Environ deux douzaines de nouvelles familles produisent du bœuf dans la Grande enclave argileuse. Il y a de nouvelles opportunités avec le poulet artisanal, le sirop d’érable et d’autres produits agricoles avec valeurs ajoutées.

Pour l’équipe de Monique Legault, l’important est d’être au service de quiconque veut venir s’installer ou s’agrandir dans le Nord de l’Ontario. La compétence de ces conseillers en développement agricole n’est plus à faire et ils jouissent du respect des communautés agricoles actuelles. Enfin, ils invitent les gens à ne pas hésiter à communiquer avec eux. Le Nord de l’Ontario est grand. Chaque sous-région a ses particularités. Et dans chacune, il y a une communauté agricole très bien organisée, résiliente avec des agriculteurs au tempérament d’entrepreneurs.

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