Volume 27 Numéro 02 Le 2 septembre 2009

Le parrainage, un engagement sans équivoque au Campus d’Alfred

Par Nicole Tessier, Communications, Campus d'Alfred de l'Université de Guelph


Donatien Munyaneza et Samuel Nyandwi, originaire du Rwanda sont maintenant de fiers étudiants au Campus d’Alfred. Reproduction autorisée.

Pour une 11e année, le Campus d’Alfred continue de soutenir le programme de parrainage de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC). Le 20 août dernier, Donatien Munyaneza et Samuel Nyandwi, originaires du Rwanda et réfugiés au Malawi depuis près de trois ans, ont mis pied à terre au Canada. Ils sont partis d’Afrique pour changer le cours de leur vie et laisser derrière eux un passé ardu.

Dès leur arrivée, ils trempent dans la vie canadienne. L’accent d’abord et la terminologie de toutes les choses qu’ils ne connaissent pas. L’utilisation de la douche, de la cuisinière, d’une salière et poivrière, du robot culinaire, du grille-pain… Tout est à apprendre, et cela, en si peu de temps, car Donatien et Samuel sont inscrits au cours de Nutrition et salubrité des aliments au Campus d’Alfred. Ils débutent dans quelques semaines.

Ils ont la chance de séjourner chez des familles de la région pour quelques jours, leur permettant ainsi d’acquérir quelques notions de la vie canadienne avant de venir habiter à la résidence du Campus d’Alfred.

D’ailleurs, l’ensemble du personnel du Campus tend la main pour accueillir les nouveaux arrivants. « L’accueil est bon, dit Samuel. On ne pensait pas que ça serait comme ça ».
La vie dans le camp

Donatien et Samuel ont quitté le Rwanda de façon définitive en 2006. Ils ont habité le camp de Dzalaka, d’une population de près de 10 000 réfugiés, jusqu’à ce jour. Pour les occupants d’un camp de réfugiés : « La vie est terrible! Il n’y a pas d’avenir », affirment les deux jeunes hommes.

Grâce à la Croix-Rouge, ils reçoivent des provisions pour manger, quoique ce soit fort peu pour un mois : 13 kilos de farine ou de riz, 3 kilos de haricots, 1 litre d’huile, un peu de sucre. Alors, lorsqu’ils entrent dans une cuisine canadienne, ils sont abasourdis par la quantité d’aliments qui garnissent nos tablettes et le réfrigérateur.

« Les gens ici mangent tout ce qui est ?sur mesure?, c’est-à-dire, tout ce qui est nécessaire pour la vie, pour la santé », explique Donatien.

Chacun a obtenu du travail à l’intérieur du camp, Donatien dans un cybercafé et Samuel dans le potager de son oncle, ce qui leur permettait d’acquérir plus de nourriture.

Pour être acceptés dans le Programme de parrainage des réfugiés (PER) de l’EUMC, les deux jeunes hommes ont dû passer plusieurs étapes afin d’y arriver. Chaque fois, c’est sur un babillard qu’ils scrutaient pour voir leur nom inscrit pour la prochaine étape. En mars 2009, ils avaient réussi.

Préparation pour le Canada
D’abord, ils ont dû faire une mise à niveau de la langue dans laquelle ils poursuivent leurs études donc en français. De plus, ils ont reçu de la formation pour bien les préparer à la culture canadienne. Lorsque je leur demande si l’information reçue correspond à ce qu’ils vivent, ils me disent que oui sauf pour deux aspects de la vie canadienne. L’hiver- il fallait s’y attendre.

« Rassurez-vous les gars, ça viendra bien assez vite ». Et le racisme. Ils avaient tout à fait raison.

C’est à la fois la crainte de l’inconnu et la curiosité qui habitent Donatien et Samuel aujourd’hui. Toutefois, ils sont heureux et excités par ce qui les attend.

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