Le 17 juin 2004

Le Paso Fino, un cheval au sang chaud

Par André Dumont, collaboration spéciale


Jaquelin et Francine Touzin, de Belle Vallée, en compagnie de Siete, l’un de leurs Paso Fino. Photo André Dumont.

Le cheval Paso Fino porte bien son nom. Son pas et son allure sont d’une finesse remarquable.
Peu connu au Canada, le Paso Fino (le cheval au « pas fin », en espagnol) est un cheval de race dont la principale caractéristique est le confort qu’il procure à son cavalier. Une véritable douceur de roulement, pour emprunter l’expression au monde de l’automobile.

« C’est un va-et-vient avec peu de mouvement vertical. Il ne te fait pas sauter. Il est très, très confortable », explique Francine Touzin, une éleveuse de Belle Vallée, dans le Nord de l’Ontario.
Sur la petite ferme qu’ils exploitent en plus d’être copropriétaires d’une entreprise laitière, Francine et Jaquelin Touzin élèvent quatre Paso Fino, dont deux juments sur le point de pouliner. Ils ont aussi deux chevaux canadiens et une soixantaine de brebis.

L’acquisition de leurs premiers Paso Fino, il y a un peu plus d’un an, s’est avérée un bon choix. Jusqu’alors, leur passion des chevaux était entretenue par l’élevage de Canadien, une espèce bien adaptée aux froideurs de l’hiver au Témiskaming. Aujourd’hui, leurs Paso Fino sont source d’orgueil, mais aussi d’émerveillement continu.

« Il est idéal pour les longues randonnées, affirme Francine. C’est aussi un cheval avec beaucoup de présence et d’énergie. Il semble nerveux mais il ne l’est pas. » En effet, le Paso Fino est reconnu pour son « brio », cette allure vive et fière.
Ses caractéristiques et son comportement s’expliquent très bien par ses origines. Ses ancêtres peuvent être retracés aux 60 bêtes que Christophe Colomb apporta dans le Nouveau Monde lors de son second voyage. Elles seraient débarquées sur l’île d’Hispaniola, aujourd’hui partagée entre Haïti et la République dominicaine.
Elles se seraient ensuite rapidement répandues dans les Caraïbes et dans les colonies espagnoles d’Amérique, là où aucun animal équivalent n’existait avant leur arrivée. Le terrain accidenté, l’absence d’équipement pour les ferrer et le climat très variable ne pouvaient convenir qu’à un cheval robuste. Sur les grandes haciendas, les propriétaires terriens ont pris soin de n’accoupler que ceux qui présentaient les meilleures caractéristiques. Il s’agissait aussi d’une question d’honneur, car même dans les colonies, une belle monture était source de prestige.

Le Paso Fino est légèrement plus petit que le cheval de selle typique. Il peut naître de toutes les couleurs, mais jamais tacheté. Sa crinière et sa queue sont généralement bien fournies.
Le dressage de ce cheval au « sang chaud » demande patience et tact, mais le résultat en vaut la peine. On peut l’entraîner à pratiquer une variété de pas, dont le « classique paso fino », un quatre temps aux petits pas rapides la tête bien haute.
Chez Francine et Jaquelin Touzin, l’élevage de chevaux et de moutons demeure pour l’instant un à-côté qui comble agréablement le temps qu’ils ont à y consacrer. Ils se trouvent par contre à se préparer une belle occupation pour leur retraite, prévue d’ici dix ans. Une retraite qui pourrait bien se transformer en travail à temps plein…

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