Volume 28 Numéro 19 Le 1er juin 2011

Le père du transfert de fermes n’est plus

Par Isabelle Lessard, journaliste


Les agriculteurs francophones de l’Ontario établis depuis de nombreuses années ont bien connu André Lemay. Homme fort apprécié dans le monde agricole, Monsieur Lemay s’est éteint le 2 mai dernier à l’âge de 66 ans. Il a œuvré à titre d’agronome en charge de comtés et de districts de l’Ontario de 1978 à 2004.

André a étudié à l’Université de Guelph où il a obtenu un baccalauréat en 1793. Fraîchement gradué, il a décroché son premier emploi comme assistant agronome pour le comté de Plantagenet, où il a travaillé jusqu’en 1978. Il s’est vu confier des travaux en grande culture et en production laitière, puis a collaboré aux activités des clubs juniors 4H.

En juillet 1978, il est déplacé dans le district de Cochrane Sud où il a été promu agronome officiel du ministère de l’Agriculture de l’Ontario. Puis, en mai 1979, il a poursuivi son travail dans le district de Sudbury, où il est encore transféré quatre ans plus tard dans le district de Nipissing. Il y œuvre de janvier 1984 à 1995, jusqu’à ce que les deux districts de Sudbury et de Nipissing fusionnent pour ne devenir qu’une seule grande région. Après avoir dû relocaliser leurs bureaux administratifs à Verner, un lourd travail administratif s’en suit pour les employés de cette nouvelle région administrative.

Sa contribution

André Lemay a laissé sa trace particulièrement dans les fermes familiales qui ont fait appel à ses services pour un transfert de ferme. « L’une des principales forces d’André était la gestion de ferme. Il faisait de la gestion financière, des transferts de ferme et de la gestion communicationnelle. Il travaillait fort pour que son travail corresponde aux attentes des agriculteurs », souligne André Pommainville, ancien agronome et collègue au ministère de l’Agriculture.

Il aurait aussi marqué le comté de Russell, qui était l’un des plus gros en termes de production laitière dans la province de l’Ontario. « Ça toujours été un comté où la production laitière était la plus haute dans la province, ce qui pourrait être un effet direct ou indirect du travail accompli par André. En ayant une meilleure gestion, la production s’améliore, par ricochet », signale son ex-collègue.

Passionné de cultures fourragères, André Lemay est devenu au cours des années passé maître dans l’art de cultiver du foin. Monsieur Pommainville précise qu’André Lemay  était devenu spécialiste provincial et il avait même des demandes pour des conférences au Québec. Il a d’ailleurs mis à profit son expérience acquise au fil des années en créant une association des producteurs de foin, cofondée avec M. Pierre Bercier.

Son dévouement pour la communauté agricole s’est aussi étendu aussi à la collectivité francophone. « André a toujours été un fervent défenseur de la langue française, particulièrement au ministère de l’Agriculture. Ça n’a pas toujours été facile de travailler en français. Nous n’avions pas des lois comme aujourd’hui qui nous obligent de travailler dans les deux langues où le nombre de francophones le demande. » Il s’assurait donc que les services offerts correspondaient aux besoins des francophones.

Bref, André Lemay était considéré par ses paires comme un collègue fort apprécié et un mentor.

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