Le 17 août 2005

Le projet d’abattoir fédéral pour le bovin dans l’Est ontarien: les premières opinions sont encourageantes

Par Félix Bussières, collaboration spéciale *


Le 6 juillet dernier a eu lieu à Alfred la première grande rencontre organisée par l’Union des cultivateurs franco-ontariens sur le projet d’abattoir fédéral pour le bovin dans l’Est ontarien. La rencontre avait pour objectif de voir la volonté et l’opinion des producteurs de la région pour s’entendre sur la continuité du projet qui devrait débuter par l’élaboration d’une étude d’avant-projet.

Les discussions animées par Nadia Carrier, Pierre Bercier et Denis Bourdeau ont permis de connaître les idées des participants présents (40 agriculteurs et intervenants de la communauté) sur deux thèmes précis soit: les résultats visés par l’implantation de l’abattoir et la participation de la communauté agricole dans cette entreprise.

Sur la question des résultats, tous s’entendent pour dire que l’ouverture d’un abattoir dans l’Est ontarien permettrait de re-dynamiser l’économie régionale par la création d’emplois mais plus essentiellement encore de donner aux agriculteurs un meilleur prix pour leurs bovins en exploitant des niches de marché, face au quasi-monopole des abattoirs au pays pour les marchés de masse. Rappelons-le, quatre usines d’abattage contrôlent 80% des abattages de bouvillons au Canada.

En ce qui a trait à la participation des agriculteurs dans l’abattoir, plusieurs personnes présentes ont suggéré la formule coopérative comme structure pour cette nouvelle entité, mais tous étaient d’accord pour dire que les producteurs doivent avoir le contrôle de cet abattoir. Une coopérative de producteurs permettrait d’atteindre plus facilement le premier objectif de ce projet, c’est-à-dire procurer un revenu plus équitable pour l’agriculteur.

Plus spécifiquement sur le type d’abattoir, on a parlé surtout de viser l’abattage en premier lieu des vaches de réforme et également des bovins en général.

Les craintes face à la possibilité de pouvoir concurrencer de front les grands abattoirs canadiens ont amené les intervenants à traiter de l’éventualité d’un abattoir visant un marché de niche avec des produits de boeuf plus spécialisés plutôt qu’un produit de masse.

La possibilité de réouverture de la frontière américaine, qui a finalement eu lieu une semaine après la rencontre, a également été tenue en compte lors des discussions mais malgré cela, la très grande majorité des gens présents ont conclu qu’il y avait un grand avantage à poursuivre le projet et à tenter de contrôler toutes les étapes de la production ici en région et au pays même si la frontière est partiellement ouverte aux bovins canadiens.

Rappelons que la frontière américaine demeure toujours fermée aux vaches de réforme et aux jeunes veaux, que l’Est ontarien produit en très grande quantité en raison de l’importance de son industrie de production laitière.

Suivi:
Au cours des prochains jours, l’organisation porteuse du dossier, l’Union des cultivateurs franco-ontariens cherchera à octroyer un contrat de pré-projet à une firme de consultants dans le but de définir les grandes lignes d’un scénario principal et de scénarios secondaires d’un abattoir. Ce pré-projet servira aussi à définir les résultats attendus d’une étude de faisabilité exhaustive.

Par ailleurs une réunion d’intervenants intéressés au projet aura lieu jeudi le 18 août au Collège d’Alfred à 20h.

« Tous les gens que nous rencontrons, agriculteurs, politiciens et intervenants en développement économique nous encouragent à poursuivre nos efforts », a déclaré à Agricom M. Pierre Bercier président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens. « Tous voient ce dossier comme un dossier de la plus haute importance qui pourrait renforcer encore plus l’effet moteur de l’agriculture dans l’économie Est-ontarienne. »

« Notre mission est simple: améliorer les revenus des agriculteurs tout en créant de nouveaux emplois stables dans la région », a-t-il conclu.

Par ailleurs la directrice générale de l’Union madame Nadia Carrier a confirmé qu’une réunion importante publique aura lieu dès que l’étude de pré-projet aura été complétée.

*Félix Bussières est agent de développement pour l’Union des cultivateurs franco-ontariens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *