Volume 27 Numéro 22 Le 4 août 2010

Le projet ESSOR en appui aux Néo-Canadiens professionnels de l’agriculture

Par Sonia Fournier, collaboration spéciale, Campus d'Alfred - Université de Guelph


Imaginez que vous avez choisi d’immigrer dans un pays étranger. Vous détenez plus de dix ans d’expérience professionnelle comme assistant à la recherche au Canada en plus de votre baccalauréat en agronomie.

Vous êtes convaincu de pouvoir décrocher un emploi rapidement et poursuivre votre carrière en pays étranger, car, après tout, vous êtes en terrain « cultivé »; vous êtes éduqué, compétent et vous souhaitez contribuer en tant que membre à part entière à votre nouvelle collectivité.

Toutefois, à votre arrivée dans votre nouvelle terre d’accueil, on vous demande de faire évaluer votre diplôme pour vérifier son équivalence et de suivre des cours de langues (car votre accent franco-canadien est trop « fort »).

Vous envoyez votre curriculum vitae à plusieurs centres de recherche; aucune réponse. Par la force des choses, vous devez accepter un emploi comme vendeur dans une grande surface. Vous êtes plutôt devant un terrain « en friche » où les d’obstacles semblent infranchissables. Il y a des souches et des pierres à extraire, de la chaux à appliquer.

Peut-être faudra-t-il semer de l’engrais vert. Bref, devant l’ampleur de la tâche un certain découragement s’empare de vous!

Ce sentiment de se retrouver « en friche » est vécu à divers niveaux par plusieurs immigrants au pays, et ce, dans différents secteurs d’activités économiques.

Le projet ESSOR au Campus d’Alfred
L’Université de Guelph-Campus d’Alfred via son nouveau projet de formation relais, nommé Emplois spécialisés en soutien à l’Ontario rural (ESSOR), deviendra en quelque sorte un allié qui collaborera avec les Néo-Canadiens pour réduire les obstacles, donc « défricher » en rendant de nouveau cette terre cultivable et productive.

Le projet ESSOR appuiera donc les nouveaux arrivants d’expression française, ayant étudié en agroalimentaire et environnement rural, à augmenter leurs possibilités d’être affectés à un emploi dans leur domaine.

C’est en diminuant les barrières telles que, la non-reconnaissance des qualifications étrangères, le manque d’expérience de travail en sol canadien et l’insuffisance linguistique que l’accès à un emploi sera facilité. Le projet ESSOR souhaite appuyer au moins 65 personnes à obtenir un emploi dans les domaines de l’agroalimentaire et de l’environnement.

Ce projet d’une durée de trois ans se réalise grâce à un financement du ministère des Affaires civiques et de l’Immigration (MACI) et d’une contribution du ministère de la Formation des Collèges et des Universités (MFCU). L’Ontario reçoit du soutien du gouvernement du Canada pour certains programmes de formation.

Parmi les services offerts, il y aura un appui à l’évaluation des diplômes obtenus à l’étranger, une courte formation de mise à niveau, une préparation pour la désignation professionnelle d’agronome ou technicien agronome, une expérience de travail et une occasion de mentorat.

En appuyant le défrichage de potentiel, de compétences, d’aspirations et de professionnalisme, le projet ESSOR contribuera à une ruralité diversifiée et plus forte!

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