Le 7 mars 2002

Le promoteur a toujours l’intention d’établir une maternité porcine à Ottawa Une porcherie modèle à Sarsfield

Par Pierre-Alain Blais, agronome
info.agricom@atreide.net


Les industriels du porc québécois sont très intéressés à faire une percée dans l’Est ontarien, un ?territoire vierge? selon leurs dires. Ils apportent une technologie de pointe couplée à un système d’élevage extrêmement sophistiqué.

«Je suis décidé à établir une porcherie à Sarsfield, et je n’ai pas l’intention d’abandonner», a confié Luc Fontaine, un producteur de porcs du Québec et nouveau propriétaire de l’ancienne ferme de Sylvio Ouellette, lorsque interrogé par Agricom sur la question de l’opposition qui s’est manifestée contre son projet depuis le mois de novembre dernier.

Luc Fontaine croit que les gens de Sarsfield ont été mal informé sur son projet, alors qu’il dit avoir l’intention «de déranger le moins de monde possible». En fait, le promoteur a l’intention de construire la porcherie la plus avancée qu’il est possible dans le contexte économique actuel, confie Luc Fontaine, un producteur porcin d’expérience, dont l’enthousiasme pour son métier était bien visible.

«À Sarsfield, je veux établir une porcherie modèle», déclare le promoteur du projet. «C’est une première expérience en Ontario pour notre groupe, et on veut partir du bon pied», ajoute-t-il. En effet, le Groupe Côté-Paquette, un des trois grands intégrateurs de la production du porc du Québec, a l’intention de s’implanter fermement dans le territoire Est ontarien, qu’il qualifie de ?territoire vierge?.

Un permis de construction encore à l’étude
L’agent du groupe Côté-Paquette auquel le producteur Fontaine est affilié, Guy Lussier, avait bien vérifié l’été dernier avec la nouvelle ville d’Ottawa toute la réglementation touchant l’établissement d’exploitations agricoles sur son territoire, et rien ne semblait clocher. «Même que les distances de séparation de notre projet était plus élevées que celles normalement requises en l’Ontario, parce que nous avions préparé les devis en fonction des normes québécoises qui sont plus sévères», dit Guy Lussier.

Guy Lussier raconte avoir rencontré un responsable des services d’urbanisme de la Ville d’Ottawa, l’urbaniste Jean-Guy Bisson, et d’avoir constaté lui-même sur la carte de zonage la désignation ?AGR? qui confirmait sans équivoque le zonage agricole de la ferme que son client venait d’acquérir près du village de Sarsfield.
«Nous avons présenté notre demande de permis de construction à la fin de l’été, et rien ne semblait clocher», dit le promoteur. Luc Fontaine raconte avoir même présenté le paiement pour l’achat du permis de rénovation, croyant qu’il respectait la réglementation en vigueur à la ville d’Ottawa. Depuis, la ville a adopté un règlement de zonage intérimaire qui empêche toute expansion d’entreprises d’exploitation animales et il y eu la fameuse soirée d’information du 3 décembre dernier «convoquée à la demande du conseiller Phil McNeely».

Depuis, tout semble bloqué dans le dossier du promoteur, qui dit être en mesure de présenter un plan de gestion des éléments nutritifs en bonne et due forme pour une maternité de 1045 truies dans les prochains jours.

L’attitude du Conseil municipal est déterminante
«Nous avons souvent vu le même type d’opposition émotive dans d’autres municipalités au Québec, et c’est souvent dû à la façon dont le maire traite l’affaire», déclare le consultant Guy Lussier, qui dit être souvent le premier du groupe à entreprendre les démarches avec la municipalité où on projette d’établir une nouvelle porcherie.

«Malheureusement, dans plusieurs cas le conseil de ville veut se bâtir du capital politique sur notre projet, déplore-t-il. Guy Lussier donne un exemple tout récent dans la région de Huntingdon au sud-ouest de Montréal, où dans deux municipalités voisines, on a obtenu deux réactions diamétralement opposées: «Dans une des deux municipalités, après avoir expliqué au maire que nous respections toutes les normes environnementales, on a obtenu son support, on a pu tenir six soirées d’information publiques qui se sont déroulées calmement et où les citoyens ont pu prendre connaissance des détails du projet».

«Dans l’autre municipalité voisine, le maire n’a rien voulu savoir de notre projet, qui était similaire, et il a été inutile d’aller plus loin au
niveau des soirées d’information publique». «L’attitude du maire est très importante», conclu Guy Lussier.

Quand on lui demande ce qu’il pense de l’opposition des citoyens de Sarsfield qui craignent pour la qualité de leur environnement, Luc Fontaine répond qu’il s’établit «en territoire agricole et qu’il fait tout en son possible pour construire la porcherie la plus moderne qui soit».

«Où je puis aller pour exercer mon métier, si ce n’est pas en territoire zoné agricole?», s’exclame-t-il, apparemment agacé de tout la battage politique autour du projet de maternité porcine de Sarsfield.

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