Volume 23 Numéro 15 Le 5 avril 2006

Le rideau tombe une dernière fois sur « Les noces d’Antoine et Corine »

Par Pierre Glaude


C’est à regret mais avec beaucoup de réalisme que la troupe de la comédie musicale des Noces d’Antoine et Corine a accepté une dernière ovation d’une foule à guichet fermé à Embrun samedi le 25 mars dernier. Après neuf représentations dans sept villages différents de l’Est ontarien, la troupe amateur formée surtout d’agriculteurs et d’agricultrices, a en quelque sorte bouclé la boucle à Embrun le 25 mars 2006. C’est en effet à ce même endroit qu’a été présentée la pièce pour la première fois le 27 mars 2004, dans le cadre de l’assemblée générale du 75ième anniversaire de l’Union des cultivateurs franco-ontarien.

En fait cette comédie musicale, qui s’est inspirée des célèbres chroniques du « Père Itoine », un personnage du quatrième âge qui depuis plus de quinze ans livre ses réflexions aux lecteurs d’Agricom, ne devait être présentée qu’une seule fois à cette occasion.

Cependant devant l’ampleur du succès inespéré les quelques 40 membres de la troupe ont su répondre aux nombreuses invitations de supplémentaires qui leur ont été lancées. Outre les deux représentations à Embrun, la troupe a aussi fait valoir ses talents à St-Anne-de-Prescott, St-Albert, St-Pascal, St-Isidore, Sarsfield et Clarence Creek, toujours à guichet fermé. En tout, ce sont plus de 3500 spectateurs qui ont assisté au spectacle qui était présenté dans des centres communautaires ou des églises.

Le scénario a été écrit par Jean-Marie et Lucie Séguin, un couple de producteurs laitiers en collaboration avec Julie Henri, une institutrice. Il raconte la petite histoire de trois générations d’agriculteurs franco-ontariens venus de Ste-Scholastique au Québec au 19e siècle. Les tableaux évoquent les grands et les petits moments de la vie de famille (les noces, l’arrivée de la télévision, la vente de la ferme du père au fils) mais aussi des évènement sociaux collectifs, tels le règlement 17, la fondation de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, et la fondation du Collège d’Alfred.

Entre chaque tableau, des musiciens et des chanteurs et chanteuses entament avec brio une chanson appropriée au tableau. Certains moments sont touchants mais l’humour y est omniprésent.

Selon Jean-Marie Séguin, la demande pour le spectacle est toujours là mais « la coordination d’une équipe de 40 participants qui ont tous d’autres choses à faire, est devenue trop difficile ». Il faut aussi comprendre que le fait de déménager le spectacle d’endroit à chaque fois rend la tâche encore plus onéreuse.

Selon M. André Chabot, un des acteurs de la pièce, cette aventure leur a apporté des moments inoubliables, tant sur le plan artistique que social. « Toute bonne chose a une fin. Et c’est d’autant plus triste que nous devenions meilleurs à chaque nouvelle présentation », a-t-il conclu avec un sourire en coin.

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