Vie rurale

Le Salon d’agriculture d’Earlton annonce le printemps


Photo MDumont

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
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C’est dans une atmosphère festive que le Salon d’agriculture d’Earlton dans le nord de l’Ontario s’est tenu les 10 et 11 avril. Pour les agriculteurs de la vaste région qui s’étend de l’Abitibi québécois et qui comprend tout le Nord-est ontarien, le Salon est le premier événement agricole d’envergure qui annonce la nouvelle saison. L’achalandage était particulièrement élevé cette année. Est-ce une utilisation accrue des réseaux sociaux pour la publicité qui est responsable de l’augmentation de l’achalandage ou un besoin de se rencontrer après un hiver particulièrement rude? La raison importe peu, les agriculteurs, tout comme les gens de la ville, sont venus rencontrer les représentants des 70 kiosques présents à l’événement. On y retrouve de tout pour l’agriculture : exposition de machineries et d’animaux, vente de semences, d’engrais, services d’insémination, produits financiers… En plus des exposants, le Salon avait organisé une réception pour les jeunes agriculteurs afin de promouvoir le réseautage, un concours d’art oratoire pour adolescents, un concours de fourrage pour l’obtention de la Fourche d’or  ainsi que plusieurs démonstrations agricoles. La tenue de 4 encans à différents moments au cours des deux jours du Salon a également contribué à créer beaucoup de ferveur.

La Fédération d’agriculture du Témiskaming organise cet événement annuel depuis 2012. Auparavant, c’était l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes du nord-est de l’Ontario qui en était l’organisateur. Le Salon se tenait autrefois à New Liskeard. En le déménageant, les organisateurs avaient craint que cela n’affecte l’achalandage. Force est d’admettre que ça n’a pas été le cas. Le Salon attire bon an mal an environ 2500 visiteurs et probablement plus cette année. Les organisateurs ne tiennent pas de statistique complète à ce sujet. L’entrée est libre et on suggère une contribution à la banque alimentaire.

Le salon d’agriculture d’Earlton est habituellement un bon moment pour remarquer les tendances pour la nouvelle saison et pour jauger l’humeur des agriculteurs. La dernière saison a été catastrophique et les cultivateurs ont eu l’hiver pour se réconcilier avec leurs pertes et pour identifier les stratégies à adopter pour la nouvelle régie de culture. Beaucoup de récoltes sont demeurées dans les champs. Par exemple, certains sèmeront du maïs parmi le sarrasin laissé dans les champs. D’autres qui n’ont pas pu récolter le canola laissé en andin, le brûleront. Il n’est pas question d’attendre qu’il sèche et de risquer de nouvelles pertes en semant tardivement. Pour Doris Cloutier, l’an dernier a marqué un recul financier important et la notion de prise de risque a été ébranlée.

Pour le vendeur de semences, Ronald Gravel : « Présentement, les cultivateurs semblent vouloir se tourner davantage vers la production d’avoine. C’est facile à cultiver, ça prend peu d’intrants : le risque est faible. » Aussi, il remarque le peu d’enthousiasme de certains agriculteurs et leur prédisposition à reporter à plus tard la décision de se lancer dans une nouvelle culture.

Ce ne sont pas tous les agriculteurs qui sont d’humeur maussade, loin de là! « Les représentants dans leurs kiosques ont été très sollicités, » au dire d’Yves Gauthier du comité organisateur du Salon. D’ailleurs, le niveau joyeux des conversations indique bien une volonté de tirer un trait sur l’an dernier et d’entamer la nouvelle saison avec entrain.

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