Volume 30 Numéro 12 Le 28 février 2013

Le talc sera bientôt dépassé

André Dumont

Par André Dumont
Collaborateur
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L’utilisation de talc comme lubrifiant pour les semences dans le planteur pourrait bientôt être chose du passé. Ce printemps, un nouveau produit sera mis à l’essai sur 25 000 acres en Amérique du nord, dont au Québec.

Il s’agit d’un nouveau polymère que Bayer CropScience a mis au point, en collaboration avec le géant mondial des enrobages de semence Incotec. L’objectif : moins de poussière et un meilleur écoulement des semences.

Le produit, désigné pour l’instant de « fluency powder » (poudre de fluidité) est déjà homologué au Canada, mais sa date de commercialisation n’a pas été annoncée.

« C’est un produit très prometteur. Nos premiers essais démontrent une importante réduction des poussières émises (lorsque comparé au talc) », a confié au Bulletin.com Luc Bourgeois, directeur de la recherche et du développement pour l’est du Canada chez Bayer.

Le talc peut nuire à la santé des humains et possiblement aussi à la santé d’insectes pollinisateurs, soutient Luc Bourgeois.

Du côté des humains, des études ont démontré un lien entre l’usage de talc comme produit pour la peau et le cancer des poumons et des ovaires. Le talc pourrait aussi causer des problèmes respiratoires. Toutefois, ces liens demeurent pour l’instant peu documentés, tout comme l’affirmation selon laquelle le talc s’apparenterait à l’amiante.

En plus de réduire la quantité de poussières, ce nouveau produit aurait un meilleur pouvoir lubrifiant dans le planteur. Du point de remplissage (center fill) jusqu’aux unités de semis, les semences ont un long voyage à parcourir, d’où l’importance d’un bon écoulement qui contribuera à la précision du semis.

Le point sur les polymères

Parmi les semenciers, les détaillants et les producteurs, il semble régner une certaine confusion au sujet des polymères. Ceux-ci existent depuis plusieurs années et sont déjà largement utilisés pour améliorer l’adhérence des traitements de semence, souligne Luc Bourgeois.

Différents polymères ont différentes fonctions et l’avènement d’un polymère pour remplacer le talc ne doit pas être confondu avec l’utilisation actuelle de polymères pour l’adhérence des traitements de semences, qui réduisent déjà de beaucoup les poussières qui se dégagent lors des semis.

Des polymères étaient utilisés dès l’introduction des premiers traitements de semence, comme Poncho par exemple. « Les polymères d’aujourd’hui sont meilleurs, affirme Luc Bourgeois. Ils réduisent encore plus la poussière. On travaille constamment à les améliorer. Notre but, c’est de s’approcher le plus possible de zéro poussière. »

Des tests réalisés chez Bayer sur plus de 300 échantillons ont révélé qu’avec les polymères actuels, l’émission moyenne de poussière était de 0,17 mg par 100 000 graines de maïs traitées, alors que la norme européenne est de 0,75 mg par 100 000 graines de semence traitées.

Luc Bourgeois émet des doutes à l’effet que la poussière que l’on peut voir à la sortie d’une soufflerie de planteur soit celle qui se détache des traitements de semence. Par contre, « même s’il y a très peu de poussière (provenant des traitements de semence), si elle aboutit là où une abeille butine, il est clair que l’insecte pourrait être affecté. »

Jean Bourque, représentant en machinerie à La Coop fédérée, suggère aux producteurs de ne pas vider la poussière du fond du sac de semence dans le planteur. Et surtout, de bien disposer des sacs de semences vides, afin que les poussières ne s’en échappent pas.

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