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Le temps sec peut avoir un impact sur votre ration!

Par Mario Mongeon, agronome, Spécialiste en productions animales au Centre de ressources agri-coles d'Alfred, MAAARO
info.agricom@atreide.net


Le temps sec des dernières semaines peut avoir des conséquences importantes sur la ration des bovins durant les mois qui viennent. Votre ensilage de maïs serait-il prêt à être récolté ? Mieux vaut y voir!

Les mois de juillet et d’août nous font oublier l’été dernier. En effet, dans certaines régions de la province, la pluie s’est faite absente depuis plus de 4 semaines maintenant! Autour des feux de camp, le soir, on peut entendre les chansons qui implorent un peu de liquide céleste! «Pluie, pluie, jolie pluie, ton ardeur nous réjouit. Pluie, pluie, jolie pluie, tombe dans mon puits!»
Bien que la première et deuxième coupe de foin n’aient pas été affectées, de façon générale, par cette période de sécheresse, la troisième coupe le sera probablement dans certains cas. Les graminées souffrent particulièrement d’un manque d’humidité. Il sera sage de prendre des échantillons de fourrage pour obtenir une analyse détaillée de leur contenu en nutriments.

En effet, la composition des plantes fourragères varie de la moyenne lorsqu’un stress les affecte. Les niveaux de li-gnine et de NDF tendent à augmenter alors que l’énergie et la protéine font l’inverse.
Le maïs
Depuis quelques semaines, le maïs montre des signes de stress liés au manque d’eau. Les feuilles qui «roulent» en sont un premier signe. Dans certains cas, les symptômes se sont aggravés.
Selon la date de plantation, le temps sec peut limiter la pollinisation et par conséquent réduire la quantité de grains présents sur les épis. La croissance de la plante peut être réduite et ainsi diminuer les rendements à la récolte. Des produits potentiellement toxiques pour les animaux, comme des nitrates, peuvent s’accumuler dans la plante.

Toxicité des nitrates
Durant une période de stress, spécialement lorsqu’un manque d’eau est combiné à un niveau élevé de nitrates dans le sol, ces derniers tendent à s’accumuler dans la plante. Le tiers inférieur de la plante tend à contenir les niveaux de nitrates les plus importants. En récoltant l’ensilage avec une barre de coupe élevée on réduit l’inclusion de ces toxines dans l’ensilage. Bien entendu, les rendements seront amoindris.
Si une pluie survient, le niveau des nitrates tend à diminuer pour revenir à des valeurs normales dans les 5 à 7 jours suivant les précipitations, dans la mesure où la croissance de la plante reprend.
La recherche démontre que la teneur en nitrates du fourrage ensilé peut être réduite de 25 à 65 % lors de la fermentation de l’ensilage. La moyenne se situe aux environs de 40 %. Une mauvaise fermentation, un taux d’humidité trop élevé ou trop faible réduiront davantage l’élimination des nitrates. Une période d’attente de 3 semaines est souhaitable avant que l’ensilage soit servi aux animaux.
Encore une fois, la prise d’un échantillon, après la fermentation, sera fort utile pour évaluer les risques associés à la présence de nitrates dans les ensilages servis aux vaches.

L’énergie
Le niveau énergétique présent dans l’ensilage de maïs varie de façon importante en fonction de plusieurs facteurs dont la taille des plantes et la présence d’épis incomplètement formés. Comme 45 % de l’énergie présente dans l’ensilage de maïs provient de l’amidon des grains, une réduction du nombre d’épis ou de grains peut entraîner une chute du niveau d’énergie de 15 à 35 % par rapport au niveau normal. Dans ce cas, l’analyse des ensilages devient cruciale pour établir une ration adéquate. La teneur en amidon, la digestibilité de la matière sèche et le niveau de li-gnine devraient être déterminés.

Taux d’humidité à la récolte
Le taux d’humidité du maïs à la récolte est crucial pour obtenir un ensilage de qualité. Du matériel récolté trop sec génère des problèmes de compaction, ce qui rend l’exclusion de l’air difficile. Il en résulte une fermentation inadéquate avec des pertes importantes. À l’inverse, une récolte ayant un taux d’humidité supérieur à 70 % produit des écoulements hors du silo et favorise de mauvaises fermentations butyriques. L’odeur se dégageant de tels ensilages est caractéristique et déplaît aux vaches.

L’appétence et la qualité de ce type d’ensilage laissent alors grandement à désirer.
La détermination du niveau d’humidité de certains champs de maïs sera difficile si le remplissage des grains a cessé dû à la sécheresse ou encore s’il y a absence de grain. De toute évidence, la ligne de lait («milk line») n’est alors d’aucun secours. Pour éviter les ennuis, il est suggéré de hacher un échantillon à l’aide d’un déchiqueteur à bois («chipper»), par exemple, afin de déterminer le taux d’humidité de la plante toute entière. Il ne reste alors qu’à utiliser un testeur Koster ou le four micro-ondes pour obtenir une valeur précise.
Une autre option consiste à utiliser «la méthode de la poignée».

Il suffit de serrer fermement dans la main une poignée de matériel haché durant 90 secondes. Après ce délai, on relâche la main et on observe.
– Du liquide s’écoule ou est présent entre les doigts : 75-85 % d’humidité.
– La poignée conserve sa forme et la main est humide : 70-75 % d’humidité.
– La poignée s’étale lentement, la main n’est pas mouillée : 60-70 % d’humidité.
– La poignée prend de l’expansion rapidement à l’ouverture de la main : moins de 60 %
– Votre main saigne : vous avez serré trop fort!
Encore une fois cette année, l’analyse nutritionnelle de l’ensilage de maïs autant que celle des fourrages seront essentielles pour formuler une ration pour les vaches qui permettra le maintien de leur productivité. La récolte du maïs à un niveau d’humidité adéquat permettra d’obtenir le meilleur de ce que Dame Nature nous aura permis de récolter cette année.

Pour plus de détails, n’hésitez pas à contacter Mario Mongeon au Centre de ressources agricoles d’Alfred du MAAARO (613) 679-4411.

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