Le 20 janvier 2005

Le vent, la récolte de l’avenir

Par André Dumont, collaboration spéciale


Récolter le vent sur ses terres est la voie de l’avenir pour augmenter ses revenus, selon la Fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO).

« Il y a présentement huit milliards $ de revenus agricoles à la ferme en Ontario. Avec la production d’énergie éolienne, on pourrait y ajouter 1,5 milliard de plus », a déclaré Ted Cowan, de la FAO, à la suite d’une présentation devant le conseil des Comtés unis de Prescott et Russell.

M. Cowan s’active à « préparer le terrain » en rencontrant des municipalités où des projets de parcs éoliens sont sur la table et en prodiguant des conseils aux membres de la FAO. Il était récemment dans l’Est ontarien, après avoir rencontré des élus municipaux de la région de la baie Georgienne et du lac Érié.

« Pour la moitié des fermes de la province, l’électricité compte pour 10 à 30 pour cent des coûts, surtout dans les grandes exploitations ou dans la volaille, le porc et la production laitière. De plus, notre principal client, l’industrie de la transformation, est un très gros consommateur d’électricité », a expliqué M. Cowan.

Il est donc dans l’intérêt des agriculteurs de se lancer dans la production d’énergie éolienne, puisqu’ils pourront ainsi réduire leur facture d’électricité et offrir une énergie verte et à prix stable à l’industrie de la transformation.

La production agricole et la transformation alimentaire forment ensemble la deuxième industrie en importance en Ontario, après l’automobile, a tenu à rappeler Ted Cowan.

« On peut augmenter ses revenus sans s’ajouter de travail. C’est le vent qui fait tout! Certes, il faut réaliser un investissement, mais nous avons déjà le terrain. C’est comme manger les légumes de son propre jardin. On vend le reste de la production. »

M. Cowan croit qu’il est possible d’ériger environ 5000 éoliennes sur des fermes en Ontario au cours des prochaines années. « Il faut les installer près des lignes électriques de distribution et là où elles sont désirées », a-t-il dit en faisant allusion aux projets qui sont devant les tribunaux parce que des voisins ne veulent pas d’éoliennes dans leur champ de vision.

Les municipalités ont tout intérêt à encourager ces projets, estime la FAO. Le président des Comtés unis de Prescott et Russell, Denis Pommainville, s’est toutefois élevé pour dénoncer l’incitatif qui veut que les parcs d’éoliennes soient exempts d’impôt foncier pour les premiers dix ans, ce qui prive les municipalités de nouveaux revenus.

À 7,5 cents le kilowattheure, un prix qui ne peut qu’augmenter, tout projet peut être intéressant d’un point de vue financier, a affirmé M. Cowan. Il faut cependant tenir compte que les gains en capital seront moins élevés sur une ferme avec un parc éolien, parce que la valeur d’une propriété peut être affectée par les restrictions sur la construction de nouveaux bâtiments à proximité des éoliennes.

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