Volume 35 Numéro 13 Le 2 mars 2018

Le vin d’érable fait son entrée dans les marchés fermiers


James Garland et sa fiancée Sarah Labelle ont créé ce vin d'érable qui sera le premier de cette catégorie à faire son entrée dans les marchés fermiers.

Par Chantal Quirion


Grâce aux pressions et aux démarches de la famille Garland, les vins d’érable et les vins à base de miel, pourront maintenant être vendus dans les marchés fermiers de l’Ontario. Ce droit avait été accordé aux viticulteurs il y a quelques années, nonobstant l’acquisition d’un permis spécial.  Il s’avère toutefois que la désignation de vin se limitait  aux produits issus du raisin ou de fruits. Les Garland l’ont appris à leurs dépens, une fois une montagne de paperasse remplie et quelques 10 000 dollars d’investis dans le projet.

 Genèse dune histoire qui commence mal mais qui se finit bien – James Garland et sa fiancée Sarah Labelle ont  eu l’idée de faire un vin d’érable, une boisson qui accompagne parfaitement les desserts. L’idée leur semblait intéressante puisque depuis environ deux ans, les viticulteurs ont le droit de vendre leurs vins directement dans les marchés fermiers.

« Comme on vend 80 à 90% de nos produits d’érable au marché, ça m’a donné l’idée de me lancer pour le vin », indique James. Avec son père Ivan, il entaille 5 000 érables sur la terre familiale à Cumberland dans l’Est ontarien.  Sa mère Jocelyne quant à elle, est passée maître dans l’art de la transformation avec sa tire, ses cornets de sucre, son maïs soufflé et bien d’autres gâteries. Rien d’alcoolisé toutefois. C’est James et Sarah qui ont voulu ajouter cette corde à l’arc de la famille.

Pour James et Sarah, c’était un beau défi qui se présentait, un projet qui est devenu leur bébé au fil du temps.

 « On était emballés mais il n’y avait pas vraiment de recettes pour nous guider. Jouer avec les levures c’est une science qu’on a apprit en faisant des tests », raconte James.

Il leur a fallu un an pour développer la bonne recette, celle avec le taux d’alcool et le taux de sucre souhaité. La première cuvée d’une trentaine de bouteilles a servi à cela. Puis une fois satisfaits,  ils ont lancé la production avec 350 bouteilles. Le vin d’érable signé Garland Sugar Shack était né.

Parallèlement, il fallait entreprendre les démarches administratives auprès de la Commission des alcools et des jeux de l’Ontario pour obtenir la licence qui permet au producteur de vendre son vin dans les marchés fermiers. Beaucoup de temps et d’énergie ont été investis dans cette étape et la nouvelle qui les attendait les a laissés sans voix.

« On ne pouvait pas avoir la licence parce qu’il n’y avait pas de catégorie pour l’érable. Après avoir tout payé, on s’est fait dire : stop », relate James. Son père et son grand-père ont alors fait des pieds et des mains pour faire bouger les choses.

On leur a conseillé de consulter leur député. Ainsi le député provincial de Glengarry-Prescott-Russell, Grant Crack en est venu à  présenter une proposition pour amender la Loi pour inclure les vins d’érable et de miel à la liste. Les députés, tout partis confondus,  ont voté cet amendement à l’unanimité.         

« On doit une fière chandelle à M. Crack », souligne pour sa part Ivan Garland.

Le consommateur pourra donc trouver les vins d’érable et de miel des artisans de sa région dans les marchés fermiers.

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