Le 18 septembre 2002

Le virus du Nil menace les chevaux

Par Pierre-Alain Blais


Le virus du Nil occidental (VNO) a fait son entrée en Ontario, et il semble qu’il s’y soit installé pour de bon. Des moustiques locaux semblent en mesure de le propager et déjà plusieurs personnes auraient été infectées en cette fin d’été 2002. Les chevaux, qui passent normalement beaucoup de temps au pâturage, seraient particulièrement vulnérables à l’encéphalite provoquée par le VNO estiment les autorités médicales de l’Ontario. Elles ont récemment lancé un appel à la vigilance à tous les vétérinaires de la province.

Durant l’année 2002, le virus du Nil occidental (VNO) s’est rapidement propagé en Amérique du Nord.
Aux États-Unis, le virus a progressé sur de grandes distances vers le sud et vers l’ouest, à partir de son point d’entrée de la Ville de New York. Malgré les efforts de contrôle, le virus a aussi traversé au Canada et il est maintenant présent à travers l’Ontario (incluant les régions de l’est et du nord), au Québec, au Manitoba et en Saskatchewan.
Des cas d’infection par le VNO chez des chevaux ont été signalés cet été dans le sud-ouest de l’Ontario et au Manitoba. Parce que le virus peut causer une maladie grave autant chez le cheval que chez l’humain, le gouvernement de l’Ontario a jugé bon de déclencher une campagne de sensibilisation à propos du VNO afin d’encourager les propriétaires de chevaux à prendre des mesures de prévention pour protéger leur santé, celle de leur famille et de leurs bêtes.

La prévention d’abord

Certaines espèces de moustiques agissent comme vecteur du VNO, à condition d’avoir eu un repas de sang sur un animal infecté auparavant. Les pulvérisations d’insectifuges à base de DEET approuvées pour les chevaux ont un effet dissuasif de courte durée contre les moustiques qui peuvent colporter le virus du Nil (de 2 à 8 heures, selon la concentration).

On peut réduire les populations de moustiques autour de la maison et des étables en éliminant les mares d’eau stagnante qui peuvent servir à la reproduction des moustiques. Il faut aussi prendre soin d’éliminer tous les endroits où l’eau peut s’accumuler pour former de petits réservoirs, tels que les vieux pneus abandonnés, les seaux laissés dehors, les barils de collecte de l’eau de pluie, les abreuvoirs, etc.

Si on soupçonne la présence du virus dans les environs, on devrait garder les chevaux à l’intérieur, ou à tout le moins, loin des endroits humides, ombragés et frais durant les périodes du coucher et du lever du soleil, alors que l’activité des moustiques est au plus fort.

Un vaccin expérimental contre le VNO serait disponible par l’entremise des vétérinaires, en autorisation conditionnelle de la part de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Bien que ce vaccin subisse encore des tests cliniques afin de déterminer sa pleine efficacité à prévenir l’infection et à combattre le virus chez des chevaux atteints du VNO, il rencontre déjà toutes les exigences en matière de sécurité. Pour être pleinement efficace, le vaccin requiert cependant deux doses à 3-4 semaines d’intervalle.

Connaître le VNO

Le virus du Nil occidental est une des nombreuses causes de maladie du système nerveux central des chevaux, parmi lesquelles on retrouve des virus, des bactéries pathogènes, des parasites, ainsi que des traumatismes. Les symptômes cliniques de l’infection du VNO ressemblent à ceux d’autres affections neurologiques, incluant la rage, dont l’ataxie, la difficulté à marcher, le déséquilibre, le tressaillement et le tremblement musculaire, l’incapacité à se lever, la faiblesse, la paralysie des membres, la cécité apparente, le grincement de dents, etc.

La maladie progresse rapidement chez les chevaux infectés, et environ 30 % d’entre eux doivent être abattus ou euthanasiés.

Les humains aussi peuvent contracter le VNO par les moustiques, mais ils n’y sont pas aussi sensibles que les chevaux. Des chevaux infectés ne posent pas de risques de santé pour les gens, mais ils indiquent la présence de moustiques porteurs dans les environs.

Adapté d’un article préparé par le Dr Paul Innes, vétérinaire épidémiologiste au ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario.

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