Volume 25 Numéro 18 Le 21 mai 2008

Leçon d’histoire canadienne

Par Denis Bourdeau, président de l'Union des cultivateurs franco-ontariens


Quelle belle fin de saison de semences nous avons eu la chance de vivre!

Le sol absent de gelées se travaille tellement bien. Oublions pour un instant le prix exorbitant du diesel, de l’engrais et de la semence.

Une petite recherche me fit découvrir que l’engrais, la potasse qui se commercialise aux environs de 500$ la tonne aujourd’hui, se transigeait en 1908 à 10 800 $ la tonne, en tenant compte de l’inflation.

J’imagine qu’à cette époque, on ne convertissait pas le maïs en éthanol’

400 ans d’histoire canadienne à Québec

De grandes célébrations sont en cours à Québec. Eh oui! 400 ans de fondation du berceau du Canada.

Il n’y a pas longtemps, un discours politique prônant le bilinguisme, mentionnait les Français et les Anglais comme les deux peuples fondateurs.

Quelle fausseté!

Les deux peuples fondateurs du Canada sont les autochtones et les Français. On ne fonde pas un pays deux fois quand même!

Les Français, et c’était la volonté de Champlain, cohabitaient avec les Amérindiens. Les Français respectaient le pouvoir spirituel de ces derniers, leur grande maîtrise des plantes médicinales, de la nature et de la chasse. Les qualités accommodantes de ces deux peuples aboutirent en un métissage qui, après quelques générations, se retrouva majoritaire. Et puis vint un certain Traité de Paris, le 10 février 1763, qui allait livrer le Canada aux Anglais.

Les Anglais, dans leur grande sagesse, instituèrent les réserves et y placèrent les Amérindiens. Ces réserves dépossédaient les autochtones de leurs droits en dehors de ces lieux et de toute responsabilité civile envers ceux-ci.

Quelle erreur monumentale!

Les Amérindiens, déjà Canadiens avec les Français, vivaient libre dans ce grand pays. Mais en sont-ils propriétaires’ Pas tout à fait, car nous sommes encore à l’époque des monarchies, où les rois et les nobles font la pluie et le beau temps.

Il y a quelques mois, lors d’un congrès agricole, assis au souper seul à une table, je fus rejoins par un anglophone et un Hollandais. Après les introductions d’usage, les deux me demandèrent qu’est-ce que je faisais là et pourquoi je ne retournais pas au Québec avec mes pareils.

J’en fus très malheureux et j’imagine que c’était le but de l’exercice, mais je ne pus me retenir de demander si encore une fois, ils voulaient faire du Québec, une réserve pour les francophones.

Plus qu’on crée des réserves, plus qu’on s’isole. Pensons à Israël où les Palestiniens vivent dans des sortes de réserves entourées de murs.

La Paix? Oubliez cela. Ma pensée ira aux Canadiens de la deuxième guerre mondiale qui ont libéré la Hollande de l’occupation nazie. Parmi les soldats qui ont donné leur vie à cette cause, se trouvaient des Canadiens-Français.

Plusieurs immigrants au Canada adoptent la culture anglaise et refusent d’accepter les droits des francophones. Dommage, tout le monde en est perdant.

Ce phénomène se produit dans la municipalité de Russell et plus précisément à Embrun, mon village natal. Embrun fut uniquement francophone pendant des siècles. Le développement des dernières années apporta des commerçants qui affichent uniquement en anglais. Mon dieu que c’est laid !

Alors, par respect, les résidants demandèrent l’affichage bilingue. Tant qu’à moi, je ne tiens pas vraiment au bilinguisme dans l’affichage. L’unilinguisme me convient parfaitement à Embrun, tant que c’est en français !

Ce qui m’agace le plus, c’est que certains membres francophones du conseil municipal s’opposent aux changements demandés par les résidants. Un peu traître n’est-ce pas ?

Cette communauté francophone de l’Est ontarien a besoin d’aide dans cette bataille contre l’assimilation et pour le respect.

Le 4 juin prochain sera la date d’une rencontre décisive à ce sujet au Conseil municipal de Russell. Soyons-y nombreux !

Bonne chance, Embrun

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