Volume 31 Numéro 17 Le 9 mai 2014

L’économie rurale au cœur des discussions


Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada, en conférence au premier Sommet économique rural de l'Ontario. -Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


La mondialisation est en train de changer les stratégies de développement économique et les régions rurales de l’Ontario se définissent peu à peu en fonction de ce nouveau modèle. C’est l’un des constats qui résume l’ensemble des discussions et des conférences qui se sont tenues à Rockland les 30 avril, 1er et 2 mai lors du premier Sommet économique rural de l’Ontario.

L’événement qui a réuni plus de 300 personnes au nouvel aréna de Clarence-Rockland a su définir le potentiel économique actuel et futur des régions. La quinzaine de conférenciers a levé le voile sur les différentes opportunités et les défis auxquels fera face la population rurale de l’Ontario dans les années à venir.

L’une des tendances les plus importantes que l’on observe et qui définira certainement l’Ontario rural de demain est celle de la migration intérieure des travailleurs et le vieillissement de la population ontarienne.

« Les milieux ruraux augmentent leur population au détriment des grandes villes de l’Ontario, plus particulièrement chez les gens de 45 ans et plus. […] Il faut changer la façon dont on voit le développement économique régional. Plutôt que d’attirer les usines, il faut attirer des gens », note Pierre Cléroux, économiste en chef de la Banque de développement du Canada.

Lui et quelques autres conférenciers ont aussi noté que si l’agriculture constitue le moteur économique le plus important pour ces communautés ontariennes, elle devra faire preuve d’ingéniosité et tirer profit des technologies pour conserver sa place. D’autres secteurs d’activité émergent et prennent de plus en plus d’importance, notamment grâce à l’Internet.

Des projets comme des centres d’alimentation, communément appelés food hub, l’appropriation de plusieurs maillons de la chaîne d’approvisionnement par des coopératives ou des entreprises locales, la personnalisation des aliments en fonction de chaque consommateurs sont toutes des idées qui ont le potentiel de revigorer l’économie du secteur agricole.

Comme pour venir en aide aux agriculteurs et aux transformateurs, on voit apparaître un nouveau consommateur, plus soucieux de son alimentation et de la provenance de sa nourriture, fait remarquer M. Cléroux.

« Deux tiers des canadiens ont fait un effort dans les douze derniers mois pour acheter des produits locaux », une nouvelle tendance observée au Canada, explique-t-il.
L’importance du Collège d’Alfred
L’avenir du Collège d’Alfred a été abordé pendant le Sommet et l’économiste en chef est catégorique là-dessus : « La clé du développement économique du Canada passe par des gens bien formés. […] Nous avons des travailleurs mieux formés que partout à travers le monde. L’avenir du Canada passe donc par l’éducation et le rôle des établissements d’enseignement sera prédominent dans les prochaines années si on veut continuer de créer de la richesse. »

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