Volume 32 Numéro 22 Le 7 août 2015

L’éducation kossé ça donne?


Michelle et James Parsons.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


James Parsons, producteur laitier de la région de Verner dans le Moyen-Nord ontarien, est diplômé de l’Université de Guelph avec spécialisation en commerce agricole. Il transpire la connaissance. Pour lui, la ferme est d’abord une entreprise et rien n’est laissé au hasard. Coûts de production, niveau de rendement, plan de capitalisation, tout est surveillé.

« C’est ce qui est le plus important. J’en fais une fixation, car je veux être en contrôle financièrement, savoir où j’en suis à la fin du mois », insiste James.

Cette rigueur est aussi une réalité quotidienne. James a reçu des reconnaissances qui le prouvent : meilleur score de gestion du troupeau du nord de l’Ontario pendant cinq ans en plus d’une 3e place au niveau provincial. Il a également remporté le Canola Challenge de l’Ontario en 2010 avec un rendement de 3 918 lb/acre et le titre de Forage Master de l’Ontario.

« Ce qui me rend fier est de me faire reconnaître sous différents angles de l’agriculture », admet le jeune agriculteur.

L’entreprise

James et Michelle Parsons font la traite de 68 vaches avec un quota de 87 kg. Depuis 1988, aucune vache de l’extérieur ne s’est ajoutée au troupeau. Ils ont une nouvelle étable avec deux robots et personne ne se surprendra d’apprendre que la planification a débuté il y a 10 ans. James a suivi un cours en planification d’étable, visité d’autres fermes, consulté des spécialistes; rien n’a été laissé au hasard.

En 2012, ils ont embauché un designer pour revoir les plans et lors de la construction, quasiment rien n’a été changé. Ça fait quelques mois que le troupeau est déménagé.

« Tout s’est bien passé; les vaches ont mis une semaine à s’adapter. Et tout compte fait, ça satisfait les attentes », explique James avec satisfaction. James n’est quand même pas une personne qui cherche à adopter les nouvelles technologies. « Si l’efficacité est prouvée et qu’il y a du potentiel, là je l’essaie. Un bon exemple, ce sont les robots de traite ou le GPS sur les tracteurs. »

Afin de se donner des outils pour améliorer l’efficacité sur la ferme, James a fait partie d’un groupe qui a développé une application pour Smartphone pour compiler toutes les données qui ont trait aux cultures, incluant les semences, les intrants, la croissance et les récoltes, entre autres. Le groupe a reçu un Prix du premier ministre pour l’innovation en agroalimentaire en Ontario.

James se distingue aussi par son engagement communautaire local. Il fait partie du Comité du lait, celui des Sols et récoltes et siège depuis longtemps au conseil d’administration de la Coop régionale de Nipissing-Sudbury. Il lui arrive aussi d’être porte-parole dans des émissions de radio et de télévision.

L’engagement de James en agriculture tient entre autres du fait qu’il déplore que des cultivateurs puissent profiter des trous dans les règlements pour leur bénéfice personnel même si tous les autres en souffrent. Le cas des ventes de terres à des prix excessifs en est un bon exemple. Cela peut créer un climat qui devient du « un contre l’autre ». « Ça risque de détruire une vision d’autrefois. Ici, à Verner,  ça ne se passe pas. On s’entend bien », dit-il.

James parle de l’agriculture avec enthousiasme et assurance et le conseil qu’il voudrait transmettre à la relève est le suivant: « Peu importe combien tu aimes l’agriculture. Essaie autre chose pour vérifier ton intérêt. Donne-toi du recul. Je l’ai fait en travaillant quelques années dans une banque. Après, quand tu choisis de prendre la ferme, tu n’as pas de regrets et tu ne te dis pas des choses comme : j’aurais pu être bon à faire ceci ou cela. »

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