Volume34, Numéro 14, le 24 mars 2017

L’élevage d’un animal mythique, l’alpaga


Lise Marleau Nesbitt et Tim Nesbitt font l'élevage d'alpagas à Callander près de North Bay.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Ils ont 12 acres de terrain à Callander près de North Bay. Ils sont à la retraite  et ont le goût d’une aventure agricole,  mais laquelle? Un bœuf peut être intimidant, c’est « Non! »… Après avoir visité une dizaine de fermes d’alpagas, Lise Marleau Nesbitt et son mari Tim Nesbitt décident que c’est ce qu’ils veulent. Tim s’occupera de l’élevage et Lise travaillera la fibre. Ils construisent un enclos, un abri, des clôtures et préparent le pâturage pour recevoir cet animal de la même famille que le chameau et le lama. Il leur faudra six ans.

En 2011, tout est prêt.  Le couple achète quatre alpagas et deux crias (bébés alpagas) d’une ferme de la région. Depuis, ils en ont acquis dans le sud de l’Ontario et leur troupeau s’élève aujourd’hui à 59 têtes.

 Après avoir suivi des formations, les Nesbitt ont appris à améliorer le troupeau pour la fibre et la génétique et maintenant ils offrent des mâles dont ils garantissent la reproductivité. Lors des expositions, ils remportent régulièrement des prix.

L’alpaga est un bel animal au regard attendrissant. « Ça vient nous chercher », confie Lise. « Il est curieux et nous suit dans les champs. Il n’est pas intimidant et il ne cherche pas à sortir si on laisse la barrière ouverte. Au printemps, les petits sont mignons », poursuit-elle. Étrangement,  toutes les naissances ont lieu le jour indique l’éleveuse, jamais avant sept heures. Avec les nuits froides du Pérou, les crias ne survivraient probablement pas selon elle.

L’alpaga  est relativement facile à élever. Il n’a pas de grands besoins, il broute peu, ses sabots coussinés n’endommagent pas le pâturage. Il n’a pas de parasite et ne requiert qu’une dose de vermifuge par année. Bien que l’abri soit toujours ouvert, ce n’est qu’en cas d’orage ou de grand vent qu’il s’y réfugie. Il n’est pas rare l’hiver que les alpagas passent la nuit dehors et se réveillent le matin avec quatre pouces de neige sur le corps.

Pour travailler la fibre, Lise s’est procuré un rouet et un métier et a appris de façon autodidacte à carder, filer, tisser, feutrer, crocheter et tricoter. Afin de pouvoir mieux en évaluer la finesse, elle a suivi un cours auprès de l’association ontarienne des éleveurs d’alpagas (Ontario Alpaca. Elle a ainsi obtenu une certification pour classer la fibre selon les normes de l’industrie. La catégorie 1, la plus fine,  sera expédiée à une filature pour la confection d’accessoires vestimentaires en contact avec la peau. La fibre la moins fine, celle de catégorie 6, servira pour des bas ou la fabrication de feutres. Il n’y a qu’une dizaine de personnes détenant cette certification au Canada.

L’excellente réputation de la fibre d’alpaga tient à sa finesse, sa douceur, sa durabilité, son lustre et sa valeur isolante. L’aristocratie péruvienne précolombienne la surnommait la fibre des dieux.

« Elle se compare au cachemire en finesse. Les clients qui reviennent parlent de la douceur et de la chaleur de nos produits. Ils nous disent aussi qu’avec les bas, ils n’ont pas de pieds trempés », mentionne Lise fièrement.

De plus, comme cette fibre ne contient pas de lanoline, soit le gras dans la laine de mouton, elle présente des qualités hypoallergéniques.

Selon l’âge, l’alpaga donne de quatre à dix livres de fibres au printemps vers la fin d’avril, dont on tire foulards, châles, bonnets,  mitaines ou bas et des pelotes de couleurs différentes.

Pour le couple Marleau- Nesbitt, l’aventure  des alpagas a été tellement un bon choix qu’ils sont prêts à partager leur savoir-faire.  

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