Le 21 mars 2002

Les 29e récipiendaires du Mérite agricole de Russell Réjean et Barbara Pommainville : des gens d’action

Par Julie Lavallée, collaboration spéciale
info.agricom@atreide.net


«Les fermes grandissent et il est de plus en plus difficiles d’obtenir des volontaires», déclare Réjean Pommainville. Mais sachant que chacune des valises représente une association en particulier, Réjean et Barbara contribuent encore grandement à l’épano

Le vendredi 5 avril prochain, Réjean et son épouse Barbara seront honorés pour leur importante contribution à améliorer la condition des agriculteurs et ce, depuis plus de 25 ans. En effet, ils seront les récipiendaires du Mérite agricole de Russell 2002.

«L’implication, c’est essentiel si on veut améliorer notre situation !», lance Réjean Pommainville avec conviction. À lire la longue liste d’associations auxquelles il a collaboré au cours des années et le calendrier barbouillé affiché au mur de sa cuisine, il n’y a aucun doute que c’est un homme d’action.

Depuis 1975, Réjean Pommainville exploite la ferme paternelle en compagnie de son épouse, Barbara Mayer. Alors qu’ils auraient pu concentrer leur effort à faire grossir leur exploitation, ils ont plutôt choisi de donner du temps à la communauté et à l’épanouissement de l’agriculture. Un choix que monsieur Pommainville ne regrette nullement aujourd’hui. «Quand on s’implique, on apprend une foule de choses qu’on n’aurait pas appris en restant sur la ferme».

Il était de ceux qui ont livré une bataille contre les municipalités dans le dossier des frais de développement. Il était de ceux qui ont organisé le rallye de tracteurs pour manifester contre l’indifférence des politiciens face à l’écart grandissant entre les dépenses et les revenus en agriculture. Et il est aussi de ceux qui ont à c’ur l’épanouissement du métier d’agricultrice et d’agriculteur.

«Réjean est un homme dévoué pour les autres, qui a un très bon jugement et beaucoup de sagesse», confesse Gérald Poupart, anciennement président de la Fédération d’agriculture du comté de Russell. «Il est agréable de travailler avec lui», témoigne Hélène Blanchard, qui a succédé à monsieur Poupart à la présidence de l’Association. Avec modestie, Réjean rétorque qu’en fait «on est aussi bon que les membres de l’équipe avec qui on travaille».

Une implication sur différentes facettes
Une des principales organisations auxquelles il s’est dévoué est la Fédération d’agriculture de l’Ontario (FAO) dont il est membre depuis 1976. Réjean a commencé son ascension au sein de la FAO dès 1982 à titre de membre de l’exécutif. L’année suivante, il était déjà propulsé au poste de président, siège qu’il a occupé pendant 8 ans, au terme de deux mandats non-consécutif.

Actuellement, il occupe depuis maintenant 9 ans le poste de directeur régional pour le comté de Russell. Cette position l’amène à voyager entre Toronto et Limoges une fois par mois à raison de deux journées à la fois. «L’autre jour, je me suis amusé à calculer et je me suis aperçu que depuis les neuf dernières années, j’aurais passé l’équivalent d’une année complète à Toronto», raconte-t-il en ricanant.

En plus de cette implication marquée au sein de la FAO, Réjean Pommainville a aussi occupé un poste dans l’Association pour l’amélioration des sols et récoltes de 1976 à 1984 et il a répété l’expérience de 1998 à 2002. Il siège aussi sur l’Association de sécurité à la ferme et sur le Comité permanent sur le territoire et les pratiques agricoles de la FAO. Évidemment, il a aussi participé à plusieurs autres comités agricoles et communautaires, mais il est impossible de tous les relater ici.

La famille reste prioritaire

Son poste au sein de la FAO lui amène énormément de déplacements et de réunions de toutes sortes. «Maintenant, c’est plus facile que dans les premières années, car mon fils Luc travaille sur la ferme avec moi. Malgré que j’ai toujours eu le support de ma femme et de mes enfants», affirme-t-il.

Réjean trouve important de bien équilibrer le temps passé à travailler pour les associations et celui passé à la ferme et avec sa famille. Pour cette raison, il a déjà refusé un poste au sein du conseil exécutif de la Fédération d’agriculture de l’Ontario, car cela aurait exigé trop de temps. «En acceptant ce poste, je devais passer plus de 100 jours par année à Toronto en plus des comités et des assemblées spéciales. Ça aurait été au détriment de ma famille et de l’entreprise qui reste notre principal source de revenus», souligne-t-il.

Et on continue?

«C’est un grand honneur de recevoir le prix du Mérite agricole», s’exclame-t-il. Mais cette distinction ne représente pas la fin d’une carrière de politicien agricole. «Je vais continuer de m’impliquer tant que ma santé et la ferme me le permettront», assure Réjean. «Je suis bon pour une ?couple? d’années encore si les gens veulent encore de moi !», ajoute-t-il en souriant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *