Volume 31 Numéro 06 Le 8 novembre 2013

Les 50 ans de la potasse célébrés dans une exposition


L’exposition « La potasse : nourrir le monde » est présenté au Musée des sciences et de la technologie du Canada. Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


L’industrie canadienne de la potasse a fêté ses 50 ans le 29 octobre en inaugurant au Musée des sciences et de la technologie du Canada l’exposition « La potasse : nourrir le monde ». Plusieurs présidents et chefs de direction des plus grandes sociétés d’exploitation des réserves canadienne étaient parmi les premiers visiteurs à amorcer un voyage virtuel sous terre pour revisiter le processus d’extraction et à fouler les champs canadiens afin d’y observer le rôle que joue cet engrais sur les plantes.

Présentant les différents cycles de vie de ce minéral devenu pratiquement indispensable à l’agricole moderne, l’exposition interactive débute sous le plancher des vaches. Les visiteurs sont invités à se mettre dans la peau de mineurs pour extraire la potasse des gisements canadiens qui comptent pour 46 % des réserves mondiales.

 

Un modèle d’innovation

La découverte des utilités de la potasse par un scientifique allemand a lancé l’industrie de l’exploitation en Europe. Mais un problème s’est posé lorsqu’Hitler a choisi d’affecter toutes ses ressources disponibles à l’effort de guerre. C’est donc lors de la Deuxième Guerre mondiale que le Canada s’est substitué à l’Allemagne et a commencé à fournir de la potasse au monde entier.

Bien que cette industrie canadienne soit relativement jeune – les premières extractions ayant eu lieu en 1967 –, il s’agit d’un modèle d’innovation.

Plusieurs gisements ayant été découverts lors de l’exploitation des mines de sel canadiennes, la potasse a cependant posé plusieurs défis aux prospecteurs et aux scientifiques, mais surtout aux mineurs qui se sont aventurés à extraire du sol ce minerai.

Lorsque le forage atteignait la nappe d’eau souterraine, « les premières mines se remplissaient d’eau et on ne pouvait pas exploiter le gisement », explique le porte-parole du musée, Olivier Bouffard.

C’est donc grâce à l’invention des anneaux de Blairmore que cette industrie a réellement pu prendre son envol. La potasse étant très friable au contact de l’humidité et de l’eau, les anneaux installés de la surface de la Terre jusqu’aux profondeurs de la mine permettaient de sceller les forages qui passaient à travers la nappe phréatique et d’empêcher tout contact de l’eau avec le minerai.

« C’est l’invention canadienne qui a permis à notre industrie de débuter », ajoute Carolyn Holland, agente d’interprétation et d’éducation au musée.

 

L’usage agricole

Une fois l’exploration minière terminée, les visiteurs sont remontés à la surface de la Terre pour en apprendre davantage sur les usages agricoles du potassium, mieux connu sous l’élément nutritif K.

L’exposition guide ses visiteurs à travers les champs photographiés pour les amener à mieux comprendre de quelle façon ce dérivé potassique peut apporter des effets bénéfiques aux végétaux.

On y apprend entre autres que 95 % de la potasse est utilisée en engrais pour fertiliser les plantes. L’autre 5 % est utilisé dans le carburant des avions et sert à fabriquer des objets comme les piles, les shampooings, les savons et les allumettes.

L’exposition sera présentée au Musée des sciences et de la technologie du Canada d’Ottawa pour les 6 prochaines années. Elle a été financée par PotashCorp, Agrium et Mosaic. Le coût d’entrée est de 12 $ par adulte et de 8 $ par enfant.

Saviez-vous que…

  • Le Canada a exporté pour 6,7 milliards $ de potassium en 2011.
  • Le Canada produit 32 % de toute la potasse dans le monde, mais possède 46 % des gisements mondiaux.
  • Si l’utilisation de la potasse se maintient à son taux actuel, à eux seuls, les gisements canadiens pourront fournir l’industrie encore 900 ans.
  • Pour se rendre au lieu de forage, les mineurs doivent parcourir jusqu’à 17 km de galeries souterraines avant d’atteinte les mineurs continus, l’outil d’extraction du minerai.
  • La mine d’Esterhazy fait 40 fois la grosseur de la ville de 2 500 habitants.
  • La profondeur des mines équivaut à plus de trois fois la hauteur de la tour Eiffel, 2 fois la tour du CN et plus de 10 fois la Tour de la Paix du Parlement canadien.

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