Volume 30 Numéro 22 Le 16 août 2013

Les abeilles sous la loupe d’un nouveau comité


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Un nouveau comité provincial vient à la rescousse des abeilles pour trouver des moyens d’éviter les taux anormalement élevés de décès depuis les deux dernières années. Cette annonce de la première ministre fait suite à la demande de deux associations d’apiculteurs ontariens et québécois de bannir l’utilisation de néonicotinoïdes, un pesticide utilisé dans les cultures de soya et de maïs.

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne, a annoncé le 9 juillet que des experts se pencheront sur les moyens d’atténuer l’exposition des abeilles à miel aux néonicotinoïdes. Des apiculteurs, agriculteurs, agro-entreprises, scientifiques et employés de la fonction publique fédérale et ontarienne se pencheront sur le sujet au cours des prochains mois afin de produire un rapport proposant des recommandations d’ici le début de la prochaine saison de culture, soit au printemps 2014.

« La constitution de ce groupe de travail est une étape indispensable dans nos efforts de protection de l’environnement et du secteur agroalimentaire de l’Ontario», a indiqué par voie de communiqué Mme Wynne.

Ses inquiétudes et ceux des apiculteurs sont non seulement motivés par les deux dernières saisons particulièrement lourdes en termes de mortalité dans les ruches canadiennes, mais aussi par les résultats du rapport Évaluation de la mortalité chez les abeilles pendant la période de semis du maïs au Canada au printemps 2012 de Santé Canada qui relie étroitement l’utilisation de la classe de pesticide des néonicotinoïdes lors des semis et les décès d’abeilles.

Selon ce rapport, « une partie de ces mortalités a été reliée à la dérive de pulvérisation, mais un nombre anormalement élevé de cas [de décès] ont néanmoins été signalés par des apiculteurs qui se trouvent dans des régions consacrées à la culture du maïs en Ontario et au Québec. La majorité des déclarations provenaient du sud de l’Ontario et concernaient plus de 40 apiculteurs et 240 ruchers. »
« Notre industrie apicole ne peut plus subir de telles pertes», a indiqué le président de l’Ontario Beekeepers’ Association, Dan Davidson.

Du côté des producteurs de grandes cultures, la nouvelle été bien accueillie par le vice-président du développement stratégique chez Grain Farmers of Ontario, John Cowan. « Les producteurs de céréales veulent faire partie de la solution », a-t-il mentionné.

Mais ce dernier se veut tout de même prudent dans ses commentaires, gardant en tête la production et la rentabilité des cultures céréalières.

Dans un différent communiqué, il indique que plusieurs autres causes doivent être prises en compte, dont les pertes hivernales, les prédateurs, la sécheresse et leur nutrition.

Or, le rapport de Santé Canada indique que les pertes hivernales ont été de 12 % en 2012, le plus faible taux des six dernières années (les taux ayant varié entre 20 et 43 %).

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