Volume 30 Numéro 12 Le 28 février 2013

Les acériculteurs du sud de l’Ontario offrent un répit à leurs érables


Photo I Lessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


La sève des érables de certaines régions du sud de l’Ontario ne coulera pas à flot cette saison. Le ministère de l’Agriculture rapporte que certains acériculteurs des régions les plus durement affectées par la sécheresse ont décidé de ne pas entailler les érables.Pendant que plusieurs familles organisent déjà leur traditionnelle visite dans une cabane à sucre, certains acériculteurs sont à pied d’œuvre depuis quelques semaines déjà dans les érablières pour finir d’entailler les arbres et récolter les premières coulées de sève. Or, plusieurs producteurs du sud de la province se la couleront douce cette année, question de donner un répit à leurs arbres en raison du manque de précipitation en 2012.

Plusieurs acériculteurs ont pris la difficile décision de ne pas entailler leurs érables dans l’espoir qu’ils reprennent des forces pour le printemps 2014. Il s’agirait d’une répercussion de la sécheresse qui a sévi l’année dernière, selon le spécialiste en agroforesterie du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario, Todd Leuty.

Dans un rapport sur la production de sirop d’érable ontarienne daté du 13 au 18 février dernier, M. Leuty explique que les érables ont été stressés par les températures sèches et pourraient avoir moins d’eau à aller puiser dans le sol.

Selon lui, plusieurs régions au sud de la province ont souffert d’une couverture de neige plutôt mince l’hiver dernier (2011-12), suivi d’une période de sécheresse qui s’est étirée jusqu’à l’automne. Ces conditions climatiques défavorables pour la production de sirop d’érable pourraient donc avoir un effet retardateur sur la production de cette année en raison des faibles réserves glucidiques stockées par les érables.

Plusieurs érablières nécessiteront donc une année de repos pour récupérer.

« Les arbres qui ont été gravement atteints par la sécheresse peuvent nécessiter plusieurs saisons de croissance normales pour se remettre complètement des effets de la sécheresse », explique Todd Leuty.

D’autres producteurs acéricoles, eux aussi soucieux de la santé de leur érablière, ont tout simplement décidé de ne pas installer plus d’une entaille par arbre pour leur laisser la chance de récupérer.

Est ontarien
Bien que cette région n’ait pas été épargnée par les chaudes températures l’été dernier, l’est de l’Ontario semble avoir plus de chance en termes de production d’eau d’érable. Selon le président de l’Association des acériculteurs francophones de l’Ontario, Gilles Poirier, les érables ont déjà commencé à couler. Au moment de mettre sous presse, celui-ci s’empressait à terminer d’entailler ses quelque 1000 entailles.

Il demeurait positif face à la saison à venir. « Avec toute la neige que nous avons eue comparativement à l’année passée, ça s’annonce bien », a-t-il confié.

Même son de cloche à la Ferme Proulx qui a déjà commencé à récolter l’eau d’érable depuis le 23 février. La propriétaire, Gisèle Proulx a confirmé que « ça coulait bien pour un mois de février ».

Selon M. Poirier, la neige contribue non seulement à approvisionner l’arbre en eau, mais aussi à conserver la fraîcheur du sol. Il est donc préférable qu’elle fonde lentement par des températures chaudes le jour et sous la barre du zéro la nuit.

« Les racines agissent comme des pompes et prennent l’eau du sol et la pousse vers le faîte de l’arbre. Mais lorsqu’il y a un gel, toute cette eau redescend vers les racines », explique-t-il.

Variabilité climatique
Depuis quelques années, les techniques acéricoles ont changé. Le spécialiste du ministère
explique que la variabilité du climat doit dorénavant être prise en considération par les producteurs, aussi bien que ses effets sur la coulée de la sève d’érable.

Les anciennes générations d’acériculteurs se basaient davantage sur le calendrier plutôt que sur la surveillance des conditions climatiques. « D’importantes coulées de sève peuvent être ratées si les producteurs ne sont pas prêts à les récolter. Des coulées peuvent survenir à tout moment à compter du début février, en particulier dans le sud-ouest de l’Ontario. L’entaillage est donc de plus en plus fréquent chez les utilisateurs de systèmes de cueillette par tubulure », écrit Todd Leuty.

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