Volume 31 Numéro 06 Le 8 novembre 2013

Les acériculteurs inquiets de la réapparition d’un ravageur


Photo ILessard

Catherine Delorme

Par Catherine Delorme
Collaboratrice
info@journalagricom.ca


L’Ontario Maple Syrup Producers Association (OMSP) est extrêmement inquiet à la suite de l’annonce d’une nouvelle infestation du longicorne asiatique dans une zone industrielle à proximité de l’aéroport international Pearson à Mississauga. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), qui a fait cette déclaration le 20 septembre, indique que cet insecte s’attaque aux arbres feuillus, et plus particulièrement aux érables.

Cette découverte est surprenante, mais surtout décevante, selon le président de l’OMSP, Ray Bonenberg. « Le retour de cet insecte peut avoir des conséquences très sévères pour les zones où l’érable se retrouve en grand nombre », affirme M. Bonenberg.

La présence de longicorne asiatique avait été détectée dans les villes de Toronto et de Vaughan entre 2003 à 2007. L’insecte avait été déclaré éradiqué de la région en 2013, suite à des résultats de contrôle négatif depuis les cinq dernières années.

L’OMSP demande à l’ACIA de prendre des actions agressives afin de prévenir et éradiquer de nouveau ce ravageur qui s’attaque aux érables. « Nous supportons toutes les actions prises par le gouvernement pour éliminer le longicorne asiatique et même si cela comporte l’abatage d’arbres. Nous voulons une détection et une éradication rapides avant que cela s’attaque à nos érables. Il serait inacceptable qu’aucune mesure ne soit entreprise », affirme M. Bonenberg.

L’ACIA tente présentement d’évaluer les dommages depuis la découverte du longicorne asiatique à Mississauga, indique Mireille Marcotte, gestionnaire nationale intérimaire pour les ressources forestières de l’ACIA. Selon elle, l’infestation d’un tel insecte pourrait occasionner des dommages environnementaux et économiques, notamment pour les acériculteurs.

Nouveau comité d’éradication
Un comité scientifique sur le longicorne asiatique a été créé pour indiquer la marche à suivre pour l’éradication de l’insecte en cause.

L’ACIA demeure positive face à son élimination. « Ce genre d’insecte est très lourd et ne se déplace pas rapidement, donc l’extinction du longicorne est possible », affirme Mireille Marcotte.

Cette dernière indique qu’effectivement, l’abatage des arbres infectés est une solution envisagée. L’Agence met également beaucoup d’efforts afin de réglementer l’espace affecté, explique-t-elle. L’organisme fédéral demande notamment au public de ne pas déplacer le bois qui se trouve dans cette zone vers un territoire extérieur.

Les signes d’infestation du longicorne asiatique sont divers. Des trous parfaitement ronds, des entailles sur le tronc et les branches, l’apparition de sciure grossière produite par les larves qui se nourrissent en creusant des galeries dans l’arbre, une coloration prématurée des feuilles à l’automne, la présence de branches mortes, ou des coulées de sève anormales sont de bons indices qu’un arbre est infecté par le longicorne asiatique.

Selon Mme Marcotte, il est impossible de spéculer sur les raisons de la réintroduction de cet insecte dans le sud de la province. « La zone industrielle près de l’aéroport international Pearson à Mississauga est un endroit où il y a beaucoup d’échanges commerciaux. Cela peut en être la cause », note-t-elle.

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