Le 17 août 2005

Les agriculteurs américains se plaignent des subventions accordées aux bovins canadiens durant l’embargo

Par Pierre-Alain Blais


Alors que les éleveurs de bovins canadiens commencent à respirer un peu mieux suite à l’ouverture de la frontière américaine aux jeunes bovins le mois dernier, voilà qu’une autre épée de Damoclès leur pend au-dessus de la tête. Il semble en effet que les éleveurs américains n’apprécieraient pas du tout l’afflux de bovins canadiens sur leur marché, qu’ils accusent d’avoir été subventionnés par l’état canadien durant la crise de l’ESB, ce qui les placerait évidemment en désavantage.

C’est ainsi qu’une puissante organisation agricole américaine, la National Farmers Union (NFU), a demandé le 26 juillet dernier au département de l’Agriculture des États-Unis de prendre des « actions immédiates », « afin que les bovins subventionnés canadiens ne concurrencent pas avec l’industrie américaine du boeuf ».

En outre, l’organisation veut que le USDA demande au Canada de ne plus importer de bovins subventionnés sur leur marché. La NFU américaine a du même souffle réclamé qu’une enquête soit faite pour déterminer si les subsides qu’ont reçus les éleveurs canadiens ne violeraient pas les ententes commerciales de l’ALÉNA et de l’OMC.

L’organisation allègue que les divers programmes d’aide financière consentis par les gouvernements fédéral et provinciaux canadiens pour soulager la crise de l’ESB auraient versé quelque 2 milliards de dollars aux éleveurs du pays, soit une somme atteignant environ 200$ par tête.

Enfin, la NFU demande que des droits compensatoires d’importation soient imposés « si le gouvernement canadien résiste à cesser de subventionner de son industrie du bovin ».

Par ailleurs, il y aurait déjà un surplus de bovins à abattre sur certains marchés américains moins de trois semaines après l’ouverture de la frontière américaine aux importations canadiennes de bovins vivants. Deux usines d’abattage auraient annoncé leur fermeture à cause « des surplus de bovins à abattre ». Ces deux usines permettront de réduire l’offre sur le marché de quelque 10,000 têtes par semaine.

La National Beef Packing Company justifie les fermetures en alléguant que l’industrie abat présentement trop d’animaux pour la capacité du marché domestique et les grands marchés d’exportation traditionnels continuent d’être restreints dû aux embargos contre les États-Unis.

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