Volume 29 Numéro 07 Le 16 novembre 2011

Les agriculteurs lèvent le ton

Par Pascale Castonguauy, Association de la presse francophone


Plus d’une vingtaine d’agriculteurs de l’Ouest canadien, accompagnés de députés libéral et néo-démocrate, étaient sur la colline parlementaire ce matin pour demander que les sénateurs les consultent lorsque ceux-ci se pencheront sur le projet de loi C-18.

Avec 23 jours avant l’interruption des travaux parlementaires, le président de la Commission canadienne du blé (CCB), Allen Oberg, soutient qu’il reste suffisamment de temps au gouvernement pour mettre un terme à ce démantèlement qui devrait être officiel d’ici Noël.

Comme le stipule la Loi sur la Commission canadienne du blé, un plébiscite a été  effectué au cours de l’été auprès des membres de la CCB au sujet du démantèlement de celle-ci et 62 % des membres se sont prononcés en faveur du statu quo. « Au cours des derniers mois, j’ai fait la seule chose que le premier ministre et le ministre de l’agriculture ont refusé de faire, c’est-à-dire écouter les agriculteurs », mentionne M. Oberg.

Même son de cloche du côté du député néo-démocrate, Pat Martin, qui a critiqué le peu d’attention accordé aux agriculteurs dans ce dossier qui s’est réglé après deux sessions de quatre heures en comité. 

 « Il [le gouvernement] risque notre futur sans prendre en considération quelles seront les conséquences de l’abolition de la Commission canadienne du blé », déclare l’agriculteur Andrew Baker.

Comme l’a mentionné le député libéral de Wascana, Ralph Goodale, le groupe de ce matin s’est contenté des marches devant le Parlement puisqu’il n’a pas été invité par le gouvernement a partagé ses préoccupations au sujet du projet de loi C-18 qui concerne l’abolition de la CCB. « La tragédie, c’est que nous devons faire cela [appuyer la CCB] à l’extérieur dans le cadre d’une conférence de presse plutôt qu’à l’intérieur en ayant une discussion rationnelle au sujet de ce qui est bien et juste pour la CCB et l’agriculture de grains dans l’Ouest canadien », affirme M. Goodale.

Ce dernier a cité quatre raisons qui poussent les libéraux à s’opposer au projet de loi C-18, soit « c’est anti-démocratique, cette loi coûtera de l’argent aux agriculteurs, des dommages collatéraux surviendront et les agriculteurs seront à la merci des multinationales du grain ».

 « Il y aura une série d’impacts si la CCB est abolie. La CCB ne représenterait plus les agriculteurs canadiens dans le marché mondial du blé et de l’orge. Les impacts ne se limiteront pas seulement au revenu qu’on reçoit par l’entremise des activités de la CCB. La Commission négocie aussi des tarifs ferroviaires pour nous et négocie avec d’autres entreprises également par exemple pour celles qui font la manutention des grains », explique l’agriculteur à Zenon Park, en Saskatchewan, Gilbert Ferré.

Conscient que les conservateurs sont aussi majoritaires au sénat, M. Ferré souhaite que les sénateurs prennent une décision éclairée en songeant à tous les enjeux de celle-ci.   « On espère que les sénateurs vont réfléchir et qu’ils vont se servir d’une optique pancanadienne », précise M. Ferré. Celui-ci anticipe que si ce projet de loi reçoit l’approbation sénatoriale d’autres secteurs agricoles pourraient être touchés par de nouvelles mesures du gouvernement.

 « Des dizaines de milliers de Canadiens se tiennent debout avec les agriculteurs. Ils sont préoccupés par la façon dont les agriculteurs sont traités et se demandent qui sera le prochain. Ce n’est désormais plus un enjeu pour les agriculteurs uniquement, c’est un enjeu pour tout le monde », souligne l’agriculteur et membre du conseil d’administration de la CCB, Kyle Korneychuk.

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