Volume 33 numéro 14 Le 25 mars 2016

Les agriculteurs perdent de l’argent faute de main-d’oeuvre


Crédit photo: iStock

Par Journal Agricom
redaction@journalagricom.ca


La pénurie de main-d’œuvre dans le secteur agricole prend des proportions inquiétantes.

Les nouveaux chiffres publiés par le Conseil canadien des  ressources humaines en agriculture (CCRHA) illustrent les défis croissants que posent les pénuries de main-d’oeuvre dans le secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire au Canada.
D’après le CCRHA, les pertes annuelles de revenu pour les agriculteurs canadiens dues à des postes non comblés s’élèvent à 1,5 milliard de dollars, ou à 3 % de la valeur totale des ventes et de la production dans l’industrie. Il s’agit du constat d’une nouvelle étude de collecte d’information sur le marché du travail (IMT), dont les résultats ont été rendus publics durant le Sommet canadien sur le renforcement
de la main-d’oeuvre agricole, qui a eu lieu à Winnipeg récemment. Ces pertes sont le reflet d’innombrables occasions manquées pour les producteurs et sont dues à des retards et manques à gagner au niveau de la production, à des coûts supplémentaires et aux changements que les producteurs sont obligés d’apporter aux projets d’expansion ou de rénovation de leurs installations.

La recherche a également révélé que c’est dans le secteur de l’agriculture primaire
que le taux des postes vacants demeure le plus élevé, où il est de 7 %. Les chercheurs se sont basés sur les chiffres de 2014.

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) reconnaît le besoin pressant de trouver des solutions aux contraintes de main-d’œuvre agricole et a collaboré avec le CCRHA à ce projet depuis son lancement.
« Ces nouvelles constatations du CCHRA soulignent clairement le besoin d’une stratégie à long terme qui permettra aux producteurs canadiens de relever les défis causés par les problèmes de main-d’oeuvre », explique le président de la FCA, Ron Bonnett. « La FCA remercie le CCRHA d’avoir entrepris cette importante recherche et d’avoir examiné à fond l’information recueillie afin de déterminer quelles sont les prochaines mesures appropriées à prendre pour en arriver à des solutions conjointes entre l’industrie et le gouvernement. »

Actuellement, l’écart entre la demande de main-d’œuvre et le nombre des travailleurs au Canada s’élève à 59 000 et, d’après les prévisions, d’ici 2025, le nombre de postes en agriculture pour lesquels on aura de la difficulté à trouver des travailleurs pourrait atteindre 114 000. En réponse à cette pénurie, l’industrie a fait des efforts pour encourager les jeunes et les travailleurs dans d’autres secteurs à faire carrière dans le domaine de l’agriculture. Mais en dépit des vastes efforts déployés, il continue d’y avoir d’importants écarts et cette situation ne s’améliorera pas à l’avenir.

« La situation est critique maintenant et ne fera qu’empirer, à moins qu’on s’y attaque de front », précise Portia MacDonald-Dewhirst, chef de la direction au  CCRHA. Toujours d’après la recherche du CCRHA, tandis que la pénurie de main-d’œuvre en agriculture est critique aujourd’hui, elle le sera encore plus dans dix ans,  ce qui aura de graves conséquences pour la viabilité des entreprises et de l’industrie
et la croissance future du secteur. Cette situation présente aussi le potentiel de nuire à la sécurité alimentaire pour les consommateurs canadiens, ainsi qu’aux possibilités d’exportation pour l’entière industrie de l’agroalimentaire au Canada.

De plus, étant donné que le secteur de l’agroalimentaire contribue près de 107 milliards de dollars par an au produit intérieur brut du pays et qu’on y trouve un emploi sur huit au Canada, les tendances alarmantes mises en lumière par la recherche du CCRHA ne se limitent pas juste à l’agriculture, mais pourraient avoir de graves répercussions dans toute l’économie canadienne.

Pour recueillir les données dans le cadre de la recherche sur l’IMT, on a mené des sondages et des entretiens et créé des groupes de discussion en faisant appel à 1 034 représentants d’organisations et employés et employeurs œuvrant dans le secteur canadien de l’agriculture — 813 des personnes interrogées étaient des producteurs primaires.

Source : Fédération canadienne de l’agriculture

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *