Volume 35 Numéro 20 Le 29 juin 2018

Les agriculteurs veulent une diminution de leurs taxes


La Fédération d’agriculture de l’Ontario(FAO), appuyée par diverses associations agricoles, demande à l’administration des Comtés unis de Prescott et Russell de réduire le taux de taxe appliqué aux terres agricoles.

Par Chantal Quirion


La Fédération d’agriculture de l’Ontario(FAO), appuyée par diverses associations agricoles, demande à l’administration des Comtés unis de Prescott et Russell de réduire le taux de taxe appliqué aux terres agricoles. Une rencontre à cet effet a été organisée récemment où il a été suggéré que ce taux passe de 25% à 22%.

La FAO invoque que l’évaluation de la valeur foncière des terres agricoles a littéralement explosé depuis 2012, et plus particulièrement dans l’Est ontarien. Comme la valeur des terrains résidentiels n’a pas augmenté dans les mêmes proportions, il en résulte que la charge de taxe des agriculteurs est beaucoup plus lourde.

« Notre 25% n’est plus vraiment 25%. La valeur  des terrains résidentiels a augmenté de 9 % alors que la valeur des terres agricoles a augmenté de 84% depuis quelques années », indique Réjean  Pommainville, directeur régional – région 14 pour la FAO.

Réaction

Si les maires du conseil des Comtés unis n’ont pas croulé sous l’enthousiasme, ils ont toutefois fait preuve d’une oreille attentive. « On était supposé avoir dix minutes pour présenter et ils nous ont laissés une bonne heure », rapporte Marc  Bercier qui représentait l’Association pour les sols et récoltes de Prescott.

Les maires ont également invité cette délégation à se joindre à eux lors du prochain congrès de l’Association des municipalités de l’Ontario. Mais, la FAO y participe de toute façon a fait valoir M. Pommainville.

« On ne s’attendait pas à des miracles. On s’attendait à la réponse qu’ils nous ont donnée, c’est-à-dire qu’il faudrait aller à la province. Mais on fait ça depuis plusieurs années », poursuit M. Pommainville. « On prend ça comme une première étape et on va continuer à travailler avec nos élus municipaux », dit-il encore.

Fardeau régional

Du côté des Comtés unis de Prescott et Russell, on rappelle que depuis que la province a cessé en 1998, de rembourse 75% de leur facture de taxe foncière aux agriculteurs, ce sont les Comtés qui ont écopé. Avant, les agriculteurs payaient leurs taxes foncières à 100% aux Comtés. Le gouvernement les remboursait ensuite à 75%.

« Quand la province remboursait, c’est tout l’Ontario qui remboursait. On ne voulait pas que le rabais de taxe soit subventionné par l’impôt
foncier », déplore Stéphane Parisien, directeur général aux CUPR. Dans le modèle actuel, les régions à forte densité agricole se trouvent pénalisées et c’est le cas de Prescott et Russell, notamment.

Il y a une dizaine d’années, les comtés de l’Est s’étaient regroupés pour demander au gouvernement de corriger la situation.

« On fait du surplace. Les  libéraux n’avaient aucunement l’intention de reculer là-dessus », affirme M. Parisien en se demandant s’il y aura plus à espérer du nouveau gouvernement.

Quant à ce mouvement des agriculteurs, il est généralisé à l’échelle de la province.

« Il y a des municipalités qui répondent favorablement parce qu’elles peuvent se le permettre parce qu’elles ont un taux élevé de résidentiel et de commercial. Ottawa l’a fait, mais on s’entend que le niveau rural ce n’est pas grand-chose pour eux », poursuit M. Parisien.

De son côté, M. Pommainville ne perd pas espoir. « Lors de notre présentation, la mairesse de Hawkesbury, Jeanne Charlebois a soulevé la question, qui paierait pour ce rabais et combien ça coûterait?  Moi je vais travailler pour aller chercher ces chiffres-là », assure M. Pommainville.

La FAO a un recherchiste chevronné, Ben Lefort, qui va les aider dans ce dossier. Le groupe est aussi confiant dans la mesure où 13 municipalités ont accepté de réduire leur taux.

« Ça fait juste commencer. On veut aller chercher d’autres partenaires qui  supportent  le secteur agricole », conclut le représentant de la région 14.

 

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