Volume 36 Numéro 15 - Le 19 juillet 2019

Les Belles Bouclettes d’Isabelle et Jacques !


La chèvre angora est élevée pour son poil. La toison des chèvres angoras donne la fibre mohair, une laine ultra douce, lustrée, délicate et avec des propriétés thermiques avantageuses. Isabelle est propriétaire avec son conjoint, de l'entreprise Les Belles Bouclettes. Photo Roxanne Lormand

Par Roxanne Lormand
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Isabelle Perdigal accompagnée de son conjoint Jacques Morin, sont les propriétaires d’une petite ferme caprine dans l’Est ontarien. La jeune entreprise Les Belles Bouclettes se spécialise dans la production de la fibre mohair à l’aide de ses chèvres angoras.

Isabelle et son conjoint sont originaires de France et sont arrivés au Canada en 2001. En 2006, ils ont fait l’acquisition d’un terrain avec une petite ferme qui n’était plus en activité. La fermette est située sur les installations d’une ancienne ferme laitière à Vankleek Hill, dans l’est de la province.

Un rêve un peu fou au début, mais avec un peu d’aménagement, ils ont pu accueillir des premiers locataires, des Alpagas avant de bifurquer vers des chèvres et plus spécifiquement vers les chèvres angoras. Ainsi est né vers 2014 officiellement Les Belles Bouclettes. En ce moment, la ferme comporte quelques autres chèvres de types laitières et de boucherie, mais à la longue la propriétaire dit ne vouloir garder que les angoras.

Le début du troupeau a commencé avec six chèvres angoras qui venaient d’un ami qui voulait s’en départir. Ensuite Jacques et Isabelle ont fait l’acquisition d’un bouc et d’autres bébés sont arrivés.

Le troupeau d’Isabelle et Jacques compte une quarantaine de chèvres à l’heure actuelle. Photo Roxanne Lormand.

Les éleveurs de chèvres angoras ne sont plus aussi populaires qu’auparavant. La race de chèvre Angora est définie comme une race rare. Les Belles Bouclettes est considéré comme un éleveur en Ontario de taille moyenne avec à peine une quarantaine de chèvres. C’est pourquoi la propriétaire essaye d’enregistrer le plus de bêtes possible.

« Ça a été une grosse mode au début des années 70 et 80 et après le prix du mohair a baissé et donc tout le monde a vendu leur troupeau. » a expliqué Isabelle. Le faible nombre d’éleveurs rend d’autant plus difficile l’acquisition de nouvelles bêtes.  

La chèvre angora est élevée pour son poil. La toison des chèvres angoras donne la fibre mohair, une laine ultra douce, lustrée, délicate et avec des propriétés thermiques avantageuses. Les boucles des chèvres sont tondues deux fois par année chez Isabelle. « C’est le seul animal en fait qu’on tond deux fois par an. Nous les tondons une fois fin mars et une fois fin septembre. Ça (les boucles) grandit de un pouce par mois environ. » La laine mohair des bébés angoras est d’ailleurs très recherchée puisqu’elle est très fine, douce et résistante.

Voyez-vous mes belles bouclettes? Photo Roxanne Lormand

« Pour la reproduction des chèvres angoras, c’est un peu plus tardif que les autres chèvres. Elles sont bonnes à reproduire à partir de l’âge de 2 ans seulement », raconte Isabelle. En comparaison, une chèvre régulière peut être capable de se reproduire dès un an et même vers les 9 mois souvent. La chèvre angora est une race très petite originaire de Turquie.

« On essaye de les faire accoupler vers la fin novembre pour qu’ils naissent au printemps 5 mois plus tard vers la fin avril. » Ainsi, il est plus facile de gérer les naissances pour le couple et ils évitent les bébés durant la saison hivernale froide. Isabelle souligne aussi qu’elle essaie toujours d’avoir les meilleurs parents pour les bébés en privilégiant les meilleures mamans avec les plus belles toisons.

« Pour la reproduction des chèvres angoras, c’est un peu plus tardif que les autres chèvres. » Ici on aperçoit un bébé. Photo Roxanne Lormand

L’été les chèvres sont au pâturage. L’hiver elles sont à l’intérieur et elles reçoivent du foin et de la moulée. « On donne toutefois aussi un peu de moulée en été pour les mamans qui allaitent. »

La fibre mohair exige beaucoup de travail. « Pour la tonte, on va dire que ça prend environ un mois, car il faut trier les toisons pour vérifier la qualité de la laine et enlever les éléments moins bons. Après les toisons doivent être envoyées pour filer et revenir en laine. » Ce processus prend trois à quatre semaines selon les délais de livraison. Par la suite, avec les cônes de laine reçus Isabelle doit les séparer en écheveau pour pouvoir les teindre selon les différentes couleurs souhaitées. « On les teint, les laisse sécher et on doit les rouler à nouveau en écheveau pour les mettre plus beau pour la vente. »

À la petite boutique, où les gens peuvent passer sur rendez-vous, différents produits de mohair sont offerts. Photo Roxanne Lormand

À la petite boutique, où les gens peuvent passer sur rendez-vous, différents produits sont offerts. Des pelotes toutes simples, des kits tout inclus avec des patrons et la laine requise, des vêtements, des savons à base de lait de chèvre et bien plus sont au menu ! Les Belles Bouclettes participe à environ une douzaine de salons et festivals par année pour se faire connaître. « D’août à la fin septembre et octobre c’est la grosse saison. » L’entreprise opère aussi la vente en ligne à l’aide de son site web. « Ce qui est difficile avec la laine c’est que les gens doivent toucher. » termine Isabelle qui invite les amateurs de mohair à prendre rendez-vous avec elle ou la suivre sur son site web et réseaux sociaux !

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Voici le gardien du troupeau. Lors de notre passage, il s’est assuré de garder un oeil ouvert pour que tout se passe bien! Photo : Roxanne Lormand

Un seul intrus est parmi les chèvres ; on retrouve le lama dénommé « half-half » en raison de son poil à moitié blanc et à moitié plus foncé. « Le lama est le gardien des bébés, explique Isabelle. Avant il y avait parfois des coyotes qui s’aventuraient, mais avec le lama les chèvres sont plus en sécurité. » Par contre attention au lama qui sera choisi, ce ne sont pas tous les lamas qui veulent jouer le rôle de gardien du troupeau et attention à ne pas en avoir plus qu’un, car à deux à ce qu’il parait ils préfèrent jaser ensemble plutôt que de surveiller !

Voici la chèvre «pygora» d’Isabelle! Photo Roxanne Lormand

Des chèvres angoras de couleur peuvent aussi exister. En ce moment à la Ferme de Les Belles Bouclettes, on retrouve une chèvre angora avec une toison un peu brune et une plus foncée presque noire. Cette chèvre noire est une «pygora», un mélange de chèvre pygmée (des petites chèvres) et de chèvre angora. Par contre, Isabelle nous a confié qu’elle ne fait que des bébés blancs, car le gène blanc est dominant pour les angoras.

Plusieurs curieux sont sortis pour la caméra! Photo Roxanne Lormand

Au niveau des goûts alimentaires, les chèvres d’Isabelle sont assez spéciales pourrait-on dire. «Tout ce qui est à la hauteur elles le mangent mais pas le trèfle par contre !» a tenu à souligner la propriétaire en riant. «Les chardons et les branches d’arbres du sous-bois, tout y passe lorsqu’elles sont au pâturage, mais elles n’aiment pas le bon trèfle ! Elles préfèrent les orties !» Les chèvres angoras ont aussi tendance à moins s’échapper que les chèvres standards, mais encore là des exceptions peuvent arriver, car chacune a son propre caractère.

3 réflexions au sujet de « Les Belles Bouclettes d’Isabelle et Jacques ! »

  1. Suzanne Turcotte

    Quand reviendrez-vous à Montréal ?
    Il y a quelques années vous avez exposé
    à Villeray dans un marché de Noël.
    J’avais beaucoup admiré vos laines et vos
    tricots, vos modèles, vos couleurs, tout.
    Rien de comparable ici…
    À un de ces jours peut-être?
    Suzanne T.

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    1. Isabelle Perdigal

      Bonjour Mme Turcotte,

      Merci pour votre si gentil commentaire. Nous sommes justement en pleine période de planification de nos marchés de Noël et envisagions de retourner sur Montréal. Nous afficherons bientôt sur notre site internet et sur les réseaux sociaux nos différents marchés.
      Encore merci,
      Isabelle Perdigal

      Répondre

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