Volume 33 Numéro 11 Le 5 février 2016

Les bons sols donnent les bons rendements


Photo iStock Word

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


À une époque où il y a des pressions pour que l’agriculture ait le minimum d’impact sur l’environnement et qu’elle s’adapte aux changements climatiques, améliorer les rendements exige un examen minutieux de tout ce qui se passe, du semis jusqu’à la récolte. Par exemple, les semences ont-elles leur plein potentiel génétique une fois dans le sol? Quel agriculteur ne s’est jamais demandé pourquoi les rendements annoncés n’étaient pas là? Cette question a été au cœur des préoccupations lors de la conférence Yield Smart  de Waterloo, le 22 janvier.

Le conférencier principal, Jerry Hatfield, propose d’aborder la question de la façon suivante : que se passe-t-il dans le sol quand la génétique ne se développe pas pleinement? Les conditions sont-elles optimales avec la bonne génétique, le bon sol et une température favorable? De ces trois facteurs, l’agriculteur n’a de contrôle que sur la qualité de son sol. Bien que M. Hatfield vienne du Mid-Ouest américain, ce qui se passe là-bas se manifeste déjà dans l’Ouest canadien et ça nous guette.

Selon M. Hatfield, certains sols dans cette région de l’Amérique se sont passablement détériorés. L’abus d’intrants chimiques a hypothéqué les récoltes à venir parce qu’ils stressent la vie dans le sol. Même sans détérioration des sols, les produits chimiques ne sont plus l’unique solution. Il faut rebâtir les sols en favorisant la vie bactérienne grâce à l’ajout de matières organiques comme du fumier et le bon choix de couvert végétal. La santé des sols dépend aussi des pratiques comme le labourage qui détruit la structure des sols ou le compactage. Ça affecte les échanges de gaz comme l’oxygène ou le CO2.

L’autre élément important pour que la plante atteigne tout son potentiel génétique est la présence de l’eau en quantité adéquate au moment voulu. Dans un sol compacté ou sans vie bactériologique, l’eau mal absorbée demeure en surface et cause de l’érosion. Mais il faudra bien aller dans les champs avec les lourdes moissonneuses-batteuses.  M. Hatfield propose d’éviter d’endommager le sol en reportant d’une journée ou deux, si le sol est trop gorgé d’eau.

Changements climatiques

Un nouvel obstacle se dresse de plus en plus à l’horizon, les changements climatiques. Jusqu’ici, les pratiques en agriculture supposaient l’arrivée de pluies bienfaisantes et régulières. C’est devenu de moins en moins le cas. L’apparition de plus en plus fréquente d’épisodes climatiques extrêmes force l’agriculture à penser aux façons de s’y adapter. L’habileté à produire une récolte en période de variabilité climatique devient incontournable.

Toujours selon le conférencier, la question à se poser est : quelle est la capacité du sol à fournir l’eau et les nutriments? Les pluies abondantes suivies de périodes de sécheresse prolongées coûtent cher en rendement. Un champ lavé par un orage ou des plantes qui souffrent d’un manque d’eau avec une sécheresse pose le problème de l’absorption de l’eau dans le sol. Un sol vivant rempli de matières organiques et biologiques absorbera beaucoup plus d’eau et minimisera les effets de l’érosion.

Un test facile pour vérifier la capacité d’absorption de l’eau est d’enfoncer un tuyau de BPC dans le sol, d’y verser un pouce d’eau et d’observer la vitesse avec laquelle l’eau disparaît.  Ce test peut être reproduit à différentes profondeurs du sol.

En somme pour Gerry Hatfield, l’agriculture entame un nouveau virage. Il est maintenant nécessaire de développer une intelligence climatique si l’on veut que les rendements reflètent le potentiel génétique des semences.

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