Volume 31 Numéro 14 Le 21 mars 2014

Les candidats de DFO répondent à nos questions


Charles Goubau

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


D’ici le 8 avril, les producteurs laitiers du district 1 seront appelés à voter en faveur d’un candidat pour remplacer Ron Versteeg. Ce dernier avait démissionné de son poste lors de l’AGA pour des raisons personnelles. Trois producteurs font campagne depuis le 24 février pour convaincre les agriculteurs de voter pour eux. Agricom les a rencontrés et leur a posé des questions sur leur vision de l’industrie laitière. Voici leur profil, de même que ce qu’ils ont répondu à nos interrogations.

Charles Goubau, Lefaivre

Charles Goubau

Charles Goubau

En 1980, Marie et Charles Goubau achètent une ferme laitière de 200 acres et 45 vaches laitières à Lefaivre. Marie s’occupe de la gestion quotidienne de la ferme tandis que Charles est à l’emploi du ministère de l’Agriculture de l’Ontario. En août 1980, Charles est transféré au nouveau Collège d’Agriculture à Alfred pour occuper le poste de Responsable de la section élevage. En 1997, devient responsable des projets formation et innovations rurales nationales et internationales. Pendant ces mêmes années, la ferme à Lefaivre innove et prend de l’ampleur. Dernièrement, leur fils Philippe s’est joint à l’équipe pour cogérer une deuxième ferme laitière dans la Nation.

Peter Van Sleeuwen, Lancaster

Peter Van Sleeuwen

Peter Van Sleeuwen

Peter, un bachelier de l’Université de Guelph, est propriétaire de la ferme Mindy Farms depuis 1985. Il a débuté avec un troupeau de 50 vaches laitières et 220 acres de terre, alors qu’il possède maintenant 130 vaches et 900 acres, avec son fils Andrew. À titre d’implication communautaire, il a donné de son temps à plusieurs organismes agricoles. Il a notamment servi comme président du Comité laitier de Glengarry, administrateur de la Coop AgriEst, président de la Coop d’Alexandria, pour ne nommer que ceux-là.

Bart Rijke, Hammond

Bart Rijke

Bart Rijke

Bart et son épouse sont arrivés au Canada en 1983 afin de travailler sur une ferme laitière. Trois ans plus tard, ils se sont établis sur une ferme laitière de 70 acres, laquelle ils opèrent encore aujourd’hui. La ferme située à Hammond compte plus de 500 acres et le troupeau s’élève à plus de 120 vaches en lactation. Leur fils aîné est aussi impliqué dans la ferme familiale.

 

 1. Quelle doit être la plus haute priorité du DFO au cours des trois prochaines années ?

CG : Les subsides européens à l’agriculture (la fameuse PAC) sont de l’ordre de 67 milliards $, alors que le budget total d’Agriculture et Agroalimentaire Canada n’est que de 2,7 milliards $. David contre Goliath ?

Il ne faut pas se faire d’illusions que, sans barrières tarifaires ou autres restrictions à l’importation, l’industrie laitière canadienne sera effacée de la carte mondiale. Dans ce contexte, il est impératif que le gouvernement fédéral maintienne son contrôle à l’importation. Le DFO (à travers le P5 et Les Producteurs laitiers du Canada) doit mettre tout en œuvre pour veiller à ce que le fédéral maintienne un environnement propice à la gestion de l’offre. Le DFO doit faire valoir les bienfaits d’un système de gestion de l’offre et des avantages qu’il offre. Un système efficace qui ne coûte rien aux contribuables !

PVS : Continuer à mettre en marché le lait pour tous les producteurs laitiers de l’Ontario et continuer d’offrir des produits laitiers de la plus haute qualité aux consommateurs à un prix qui offre un juste revenu aux producteurs.

BR : La priorité devrait être la croissance du marché. Ceci est important pour atteindre les besoins de quota des producteurs afin qu’ils puissent agrandir à leur gré, que ce soit beaucoup ou peu.

 

2. Y a-t-il des politiques du système de gestion de l’offre qui devraient être changées à court terme ?

CG : Le but principal du système de quota instauré il y a 50 ans était d’avoir un pouvoir de négociation envers les transformateurs qui désiraient avoir un accès à une matière première très bon marché. Le contexte est resté le même, mais les systèmes mis en place à l’époque ont changé et doivent continuer à évoluer.  Aujourd’hui deux sujets préoccupent les éleveurs : le prix du quota bloqué à 25 000 $ et l’interdiction du mouvement des quotas. Des adaptations aux politiques actuelles sont peut-être possibles,  mais il faut étudier la question en profondeur ainsi que leurs impacts socio-économiques et environnementaux dans le contexte actuel. Je sonderais les producteurs pour connaître leur opinion et suggestion par rapport aux évaluations et adaptations proposées.

PVS : Nous devons continuer à évaluer tous nos programmes afin de continuer à faire ce que nous faisons bien tout en portant attention à ce que nous pouvons améliorer. DFO et le P5 se sont engagés à évaluer les politiques actuelles de quota. L’échange de quota doit être préservé. Le but est d’avoir plus de quotas de disponibles pour tous.

BR : Si l’on peut réussir à augmenter notre marché de 2-3% par année, les politiques du système de quota auront moins d’ampleur.

 

3. Que doit faire le DFO pour amener tous les citoyens de l’Ontario à appuyer notre système de gestion de l’offre ?

CG : Rien ne me dérange plus que de lire dans nos journaux canadiens des lettres à l’éditeur écrites par le DFO en réponse à des articles qui détruisaient le système. Il est temps pour le DFO de passer au mode proactif.  Pour ce faire, il doit se joindre aux  Producteurs laitiers du Canada (PLC) et informer le grand public des avantages de la gestion de l’offre, publier des études solides qui contrediront les critiques négatives de l’Institut économique de Montréal et du Fraser Institute.  Le consommateur canadien accepte volontiers le café équitable, le chocolat équitable et même les bananes équitables pour garantir un revenu décent et juste aux producteurs de l’autre bout de la planète.   Alors, quel est le problème avec du lait équitable pour les producteurs canadiens ?

PVS : Présentement, les agriculteurs jouissent d’un haut niveau de confiance en tant que professionnels, tout comme c’est le cas pour quelques autres professions. Nous devons continuer à être honnêtes avec les consommateurs. Nous devons continuer à leur fournir des produits de qualité à un juste prix.

BR : Notre responsabilité devrait être d’informer le consommateur que le système de la gestion de l’offre est bénéfique pour tous dans l’industrie, et que nous sommes étant autosuffisant, c’est-à-dire, que nous ne requérions aucune subvention gouvernementale.

4. Quels sont les moyens que le DFO peut mettre de l’avant pour favoriser l’augmentation de la consommation des produits laitiers, et par conséquent, la production?

CG : Au cours des dernières années, comme producteurs, nous avons perdu plusieurs marchés de nouveaux produits laitiers non disponibles au Canada – les Isolats de protéine laitière entre autres.  Ces nouveaux produits peuvent entrer au Canada parce qu’ils ne sont pas fabriqués ici. C’est parfois la rigidité de notre système qui nous a fait perdre des parts de marché.  Il nous faut donc une structure plus souple prête à réagir rapidement aux demandes du marché. Vis-à-vis du public, DFO se doit de s’entourer des meilleurs publicitaires pour mettre sur pieds des stratégies d’augmentation des parts de marché pour les produits canadiens.

PVS : Depuis la signature de l’entente de libre-échange avec l’Union européenne, le gouvernement canadien est réceptif à l’indice d’améliorer les contrôles douaniers. La réduction du montant des produits qui entrent au Canada se traduira par la croissance de nos quotas.

En faisant de la promotion, incluant la promotion de la saine nutrition, par exemple. Des études commencent à indiquer que les gras saturés sont bons pour la santé et que les gens peuvent augmenter leur consommation de produits laitiers pour perdre du poids.

Nous devons rechercher des produits nouveaux, par exemple dans le domaine des utilisations commerciales du lait et des produits laitiers. Nous ne vendons plus que seulement du lait. Les différentes composantes du lait peuvent être isolées et servir à fabriquer d’autres produits.

BR : DFO devrait tirer avantage de l’image saine des producteurs laitiers et devrait ainsi promouvoir les intérêts  santé de leurs produits.  On devrait trouver des nouveaux marchés pour vendre nos ingrédients laitiers. Donc, on devrait livrer plus de lait aux processeurs.

 

5. Comment le DFO peut-il amener le gouvernement fédéral à ne pas laisser entrer plus de produits laitiers au Canada dans le cadre de futures négociations commerciales internationales ?

CG : Les producteurs laitiers n’ont plus la force politique qu’ils avaient il y a 50 ans. Par contre, grâce à des organisations solides comme DFO et PLC, ils peuvent se permettre des représentations auprès des pouvoirs politiques et décisionnels des gouvernements provinciaux et fédéral. Il est important d’entretenir des relations solides et constantes avec ces institutions.  Lors des négociations de libre-échange avec l’Europe, le Canada a dû céder 17 000 tonnes de fromage fin. Il doit y avoir une faille dans notre équipe de lobbyistes. Il est urgent de prendre les mesures nécessaires pour éviter cela.

PVS : En s’impliquant par le biais de nos négociateurs dès le début. En rappelant constamment à notre gouvernement et à nos élus tous les avantages de notre système de gestion de l’offre pour tout le pays, incluant les transformateurs et les consommateurs et en indiquant clairement à nos partenaires commerciaux que l’industrie laitière canadienne n’est pas à vendre.

BR : On doit continuer à travailler avec le gouvernement afin d’éliminer les ententes inégales qui peuvent avoir un impact négatif sur notre industrie.  Les producteurs devraient faire part et maintenir une relation avec leurs membres du parlement afin qu’ils connaissent l’importance de l’industrie laitière et de ce qu’elle offre à la communauté en terme d’emplois, etc.

 

6. Que pourrait faire le DFO pour promouvoir les qualités supérieures des produits laitiers ontariens ?

CG : Nous avons tous en mémoire les scandales de la poudre de lait contaminée volontairement avec de la mélamine en Chine et par du botulisme en Nouvelle-Zélande et les conséquences désastreuses pour les producteurs de ces deux pays.

Comme producteurs canadiens, nous respectons des normes strictes de production (bactoscan, cellules somatiques, antibiotiques, résidu d’iode, etc.) pour fournir un lait de qualité irréprochable à notre industrie et consommateurs. Cette garantie de qualité que nous nous imposons et valorisons n’est pas assez connue du grand public.

Tous nos efforts pour mettre sur le marché du lait d’une qualité parfaite, produit sans hormones, par des vaches en santé, bien traitées et heureuses devraient faire partie d’une campagne de sensibilisation pancanadienne.

PVS : C’est une question dangereuse. Nous pouvons faire la promotion de la grande qualité de nos produits, mais de dire qu’ils sont supérieurs à d’autres; supérieurs à qui ? Si vous avancez quelque chose comme ça, vous devez être capable d’en faire la démonstration. C’est la réalité. Vous ne pouvez affirmer que ce qui est basé sur des faits. Il vaut mieux se concentrer sur le but de fournir des produits de haute qualité constante. Après tout, tous les agriculteurs ont la certification CQM. Il vaut mieux faire la promotion du fait que toutes les entreprises agricoles au Canada possèdent la certification canadienne.

BR : On devrait mettre de l’emphase sur le fait que les producteurs laitiers adhèrent à des standards très stricts, qui sont inspectés sur une base régulière.

 

 7. Comment comptez-vous garder contact avec les producteurs francophones et anglophones de votre région ?

CG : En plus de la méthode traditionnelle de contact par le biais des comités laitiers des comtés, j’ai en place une plate-forme interactive d’information et échange via ma page web (www.charlesgoubau.ca) et les médias sociaux. Les producteurs « branchés » sont de plus en plus nombreux, ce qui me permet de communiquer plus rapidement avec eux.  Je suis aussi disponible par téléphone.

PVS : Je suis bilingue. Je communiquerai avec chacun dans la langue de son choix. Je communiquerai avec eux autant que possible de la façon qu’ils le désirent; le téléphone, le courriel, l’Internet, au coin de la rue, à l’église et sur la ferme, lorsque possible. Je voudrais être reconnu comme le membre du conseil qui parle aux agriculteurs. J’ai rencontré la plupart des agriculteurs de la région durant la campagne et le plus souvent à leur ferme.

BR : Je planifie maintenir une communication ouverte avec les producteurs par l’entremise de réunions régulières de comité, par les médias sociaux (Facebook et Twitter), ainsi que par méthode de publication mensuelle pour les producteurs qui veulent obtenir des courriels informatifs du DFO.  Je veux que les producteurs me contactent directement s’ils ont des angoisses ou des suggestions pour le conseil.

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