Volume 29 Numéro 12 Le 17 février 2012

Les conditions des travailleurs immigrants remises en question

Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


La tragédie routière d’Hampstead qui a coûté la vie à dix travailleurs agricoles et un résident ontarien a fait couler beaucoup d’encre sur les conditions de travail des immigrants. Plusieurs médias ont relaté des histoires d’horreur vécues par des ouvriers agricoles venus d’autres pays pour gagner leur vie.

Le maigre salaire offert à ces travailleurs en échange d’heures de travail interminables et de pauvres conditions, ont notamment été critiqués par plusieurs organismes de défense des droits des journaliers immigrants. C’est le cas par exemple du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce Canada (TUAC) qui, depuis deux décennies, mène une campagne revendiquant davantage de sécurité et de droits au travail pour les travailleurs agricoles.

« Le transport sécuritaire des travailleurs agricoles a toujours été une question cruciale, et nous devons nous attendre à une enquête exhaustive sur la façon ainsi que les raisons pour lesquelles cette tragédie s’est produite », a confié Wayne Hanley, le président national des TUAC Canada.

Ce dernier rappelle que la majorité des travailleurs agricoles immigrants viennent au Canada, particulièrement dans les provinces de l’Ontario et de la Colombie-Britannique, pour effectuer des travaux que les gens locaux refusent de faire. C’est le cas particulièrement de la cueillette des fruits et légumes sur les entreprises maraîchères et de l’attrapage de poulets dans les fermes avicoles, deux métiers qui sont difficiles physiquement. C’est ce pour quoi les TUAC défendent leurs droits et inculquent le respect de ces personnes qui travaillent au Canada pendant des mois loin de leurs familles et amis.

« Cela [le décès de ces travailleurs] constitue un rappel brutal pour les quelque 10 000 membres de l’Alliance des travailleurs agricoles qui connaissent déjà les dangers associés au travail dans le secteur agricole », poursuit Wayne Hanley.

Monsieur Hanley a écrit au ministre de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels pour demander au coroner en chef de l’Ontario de faire une enquête.

Il demande d’abord un examen de toutes les causes qui ont contribué à l’accident, particulièrement l’application de la réglementation relative au Code de la route en Ontario et ailleurs et à la formation de conducteurs surtout en ce qui a trait aux travailleurs immigrants.

Il demande aussi un examen public et global de l’utilisation des travailleurs immigrants temporaires et des pratiques de sous-traitance, des agents de recrutement non inscrits et des déficiences systémiques au niveau de la sécurité des lieux de travail.

Il s’attend à des recommandations fermes pour pallier au manque actuel de réglementation pour protéger ces travailleurs.

Bref, il invite fortement le Bureau du coroner en chef à instituer une enquête pour prévenir de tels accidents à l’avenir.

«Par respect pour les victimes et pour tous ceux et celles qui travaillent dans le secteur agricole, nous veillerons à ce que chaque facteur de cet accident soit examiné afin de s’assurer qu’il ne se reproduise jamais », conclut-il.

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