Volume 32 Numéro 10 Le 23 janvier 2015

Les éleveurs de poulets réclament un abattoir


Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Trois producteurs de poulets de l’est de la province sur quatre considèrent la construction d’un abattoir dans leur région comme une priorité. Interrogés lors d’une consultation le 5 janvier à St-Isidore, 77 % des 36 producteurs ont répondu qu’ils avaient besoin de leur propre abattoir.

Une vaste série de consultations publiques a cours présentement à travers la province pour recueillir les commentaires des acteurs impliqués de près ou de loin dans l’industrie ontarienne de la volaille. Il s’agit d’un mandat qu’a confié le ministre de l’Agriculture de l’Ontario, Jeff Leal, afin de réévaluer le système d’allocation de quota du poulet ontarien.

Les rencontres menées par la firme Team Ontario devraient se terminer le 30 janvier, suite à quoi un rapport devrait être rendu au ministre.

Selon l’attaché de presse du ministre Leal, Bryan Bossin, l’objectif est d’« élaborer une stratégie et un plan efficaces qui permettront à l’industrie de stimuler la croissance économique de l’Ontario ».

Une demande de longue date
Cette préoccupation des producteurs de poulets de l’Est ontarien n’est pas nouvelle. Le dossier d’abattoir dans la région a longtemps été porté par l’homme d’affaires francophone de Sarsfield, Robert Laplante. Celui-ci a présenté un plan de construction aux Producteurs de poulets de l’Ontario en 2011, mais le projet n’a jamais obtenu leur appui.

Les producteurs de l’est de l’Ontario doivent faire voyager leurs volailles sur de très longues distances pour les faire abattre, soit près de cinq heures s’ils se tournent vers un établissement ontarien ou deux heures et demie s’ils optent pour le Québec. Robert Laplante est déjà propriétaire d’un abattoir, le seul abattoir à l’est de Toronto, et il n’a pas le quota d’abattage nécessaire pour accueillir toute la volaille produite dans la région.

Les producteurs francophones de poulets ont obtenu en mai 2013 le droit de faire abattre leurs animaux au Québec pour des raisons linguistiques, mais les abattoirs de volailles ne sont pas nombreux en Outaouais. De plus, cette permission spéciale imposée par un juge de la Cour supérieure de justice limite les producteurs dans la croissance de leur entreprise. Ceux-ci ne peuvent augmenter le nombre d’oiseaux d’élevage que s’ils les font abattre en Ontario.

M. Laplante est pour l’instant le seul qui a concrètement soumis un projet d’implantation d’un abattoir dans l’Est ontarien. Il a obtenu l’appui de plusieurs députés et organismes, dont l’Union des cultivateurs franco-ontariens. Son directeur général a d’ailleurs exposé le dossier à la première ministre Wynne en novembre 2013.

Le comité des Producteurs francophones de poulets de l’Est ontarien dont fait partie Robert Laplante a adressé ses inquiétudes au ministre de l’Agriculture dans une lettre datée du 2 septembre dernier et il est en pourparlers pour la planification d’une rencontre avec Jeff Leal. Celle-ci pourrait avoir lieu en février.

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