Volume 29 Numéro 10 Le 20 janvier 2012

Les exploitants agricoles ne sont pas tenus responsables

Par Agricom
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Un procès pour lequel des audiences de trois jours devaient se dérouler à Walkerton, en Ontario, a été annulé conséquemment à une transaction pénale intervenue dans une cause ayant trait au décès de deux travailleurs migrants jamaïcains.

 

Paul Roach, 44 ans, et Ralston White, 36 ans, tous deux originaires de la Jamaïque, sont décédés le 10 septembre 2010 alors qu’ils travaillaient au verger de pommiers de culture biologique Filsinger, à Ayton. Ils tentaient de réparer la pompe d’une cuve à cidre lorsqu’un gaz toxique les a asphyxiés.

À la suite d’une enquête menée par le ministère du Travail de l’Ontario, Debra Ann Becker, Shaun Ronald Becker, Cory Richard Becker, les exploitants de l’entreprise agricole, et Brandon Weber, un superviseur – devaient subir un procès prévu le 11 janvier dernier. Ils faisaient face à des accusations multiples en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) de l’Ontario, dont l’absence de formation, d’équipement et de plan de sauvetage pour des travailleurs œuvrant dans un milieu clos dangereux tel la cuve à cidre de la ferme.

 

Néanmoins, grâce à une entente intervenue à la toute dernière minute, le 10 janvier, on a retiré toutes les accusations contre les exploitants. Seul Brandon Weber, le superviseur, a plaidé coupable à une accusation et il a écopé d’une amende de 22 500 dollars.

 

Pour Wayne Hanley, le président national du syndicat des Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC Canada), il s’agit d’une très mauvaise nouvelle, car on crée un précédent irréparable.

 

 « C’est une terrible insulte pour les familles des victimes et pour le droit à la sécurité de tous les travailleurs agricoles en Ontario », a-t-il réagi par voie de communiqué de presse. « On envoie le message à l’industrie agricole qu’en versant quelques dollars, on peut faire abstraction de la sécurité quand il s’agit de la vie d’un travailleur agricole. »

 

Le syndicat réclame une enquête de coroner subséquemment aux décès du 10 septembre 2010.

 

« En fin de compte, la transaction pénale balaie la vie de deux hommes innocents, tandis que les propriétaires de l’entreprise agricole sont libres de mener leurs opérations malgré ces deux décès tout à fait évitables », s’indigne M. Hanley.

Depuis plus de deux décennies, les TUAC Canada mènent une campagne visant des droits égaux en matière de travail et de santé-sécurité pour les travailleurs agricoles. En association avec l’Alliance des travailleurs agricoles (ATA), ils gèrent également dix centres de soutien pour travailleurs agricoles dans l’ensemble du pays, dont quatre en Ontario.

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