Volume 35 Numéro 19 Le 8 juin 2018

Les fermiers, une série-documentaire qui a le vent en poupe


Le « fermier de famille », Jean-Martin Fortier discute avec l’homme d’affaires André Desmarais, le mécène derrière le projet de la Ferme des Quatre-Temps. Crédit photo: Unis TV

Par Chantal Quirion


La première saison de l’émission Les fermiers vient de se terminer sur les ondes
d’Unis TV. Toutefois, depuis le 8 juin,   l’intégralité des épisodes est disponible sur le site du diffuseur, www.unis.ca. Ceux et celles qui n’ont pas eu l’occasion de plonger dans l’univers du maraîcher Jean-Martin Fortier pourront le faire à leur gré.

La série documentaire qui se déroule à la Ferme des Quatre-Temps, a connu un grand succès, suffisamment pour qu’une deuxième saison soit confirmée. « Nous (la maison de production), on n’a pas accès aux cotes d’écoute mais on a reçu l’information du diffuseur comme quoi c’est l’émission la plus vue », indique Maude Éthier-Boutet, réalisatrice de la série.

L’impact de la série

 Auteur du livre Le jardinier-maraîcher, Jean-Martin Fortier  tient le pari que les petites fermes ont un avenir, à condition toutefois d’appliquer certains principes, ceux de l’agriculture bio-intensive. Avec sa conjointe  Maude-Hélène Desroches, il en a fait la démonstration aux   Jardins de la Grelinette, la ferme qu’ils ont bâtie  il y a quinze ans, un projet de longue haleine. Avec un seul hectare en production, ils sont arrivés à générer  suffisamment de revenus pour faire vivre la famille confortablement et ce, avec deux enfants.

Le jardinier-maraîcher

Dans l’émission, le public comprend que ce sont les Jardins de la Grelinette qui sont à l’origine de la Ferme des Quatre-Temps. C’est là que Jean-Martin Fortier a expérimenté chacun des principes détaillé dans son ouvrage. Le jardinier-maraîcher a été vendu à plus de 100 000 exemplaires à ce jour et traduit dans sept langues.  Jean-Martin Fortier y a consacré un an et demi, du matin au soir, installé à son bureau à rédiger. C’est sa conjointe qui a assuré la bonne marche de l’entreprise, ce qu’elle fait encore aujourd’hui avec deux employés.

L’auteur devenu une sommité de l’agriculture biologique est appelé régulièrement à donner des conférences un peu partout dans le monde.

Un projet de société

Et c’est pour cette expertise que l’homme d’affaires André Desmarais a proposé le projet de la Ferme des Quatre-temps  au jardinier passionné. Dans cette aventure, M. Desmarais finance l’ensemble des opérations. Son but, former de jeunes maraîchers afin qu’ils puissent vivre de la terre.

Dans l’émission, on rencontre la première cohorte de jeunes qui sont venus d’aussi loin que la Californie ou l’Italie pour apprendre de Jean-Martin Fortier. Ils ont été triés sur le volet et possède déjà une expérience du métier. Une fois formés à l’agriculture bio-intensive, ils transmettront à leur tour ce savoir. M. Desmarais estime que d’ici dix ans, une centaine de fermes pourraient ainsi voir le jour. Mais attention, le mécène a des critères sévères en terme de rentabilité. Il a tout payé certes, de l’achat du terrain dans la région d’Harrington au Québec, jusqu’à l’aménagement du terrain, la construction des bâtiments et surtout les services de Jean-Martin Fortier qui a conçu l’ensemble de la ferme, mais il exige que l’entreprise soit rentable d’ici cinq ans. Il aura investi dans la mesure où le projet permettra développer  une expertise mais il veut que ces futurs fermiers puissent vivre de leur métier.

C’est un projet de société dira-t-il, une façon de rendre l’agriculture accessible et une possibilité pour le consommateur d’avoir des aliments sains.

Dans l’émission on verra entre autres, comment une ferme peut allonger la période de production et comment il est possible du cultiver sans investissements majeurs en machinerie. Tout repose sur la santé des sols et pour ce faire, c’est le  travail manuel qui prime.

On suivra l’équipe de l’étape de la planification, en passant par les semis, la récolte et étape ultime, la livraison aux chefs restaurateurs et la vente au marché.

Les impacts de l’émission

La réalisatrice, Maude Éthier-Boutet se réjouit car le public réagit fortement.

« Les gens qui vont au marché Jean-Talon font beaucoup de commentaires positifs.  Les enfants demandent même des autographes », dit-elle. Même les ventes ont augmenté, lui a-t-on rapporté.

Pour l’équipe de production, c’est un défi remporté. « Le défi c’était de rendre l’agriculture intéressante pour les spécialistes et les novices, monsieur et madame Tout-le-monde. Il y a un côté très humain derrière la série et les humains derrière, sont très ingénieux. Ils nous montre comment faire l’agriculture, ils font de la recherche, ils sont très brillants et Jean-Martin est très pédagogue. C’était un enjeu aussi », mentionne Mme  Éthier-Boutet, convaincue que ce qui se fait à la Ferme des Quatre-temps servira à tout le monde après.

La réalisatrice est d’autant contente que Jean-Martin Fortier et le projet de la Ferme des Quatre-temps étaient convoités de plusieurs.

« Je vous dirais que c’était dans l’air du temps. Il avait été approché par plusieurs boîtes de production mais on a été chanceux qu’ils  nous choisissent. »

Le fait que Catherine Bureau, l’une des productrices sur la série, connaissait bien M. Fortier a aidé la cause. Il se sentait en confiance, comme il l’a dit dans plusieurs entrevues. Avec la série, on a vue Jean-Martin Fortier à l’émission Tout le monde en parle et  À la semaine verte, entre autres.

Aux finales, c’est une satisfaction partagée.

« Jean-Martin est  très content de l’émission, l’équipe aussi, et les gens de la Ferme des Quatre-Temps. »

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