Volume 29 Numéro 03 Le 21 septembre 2011

« Les francophones sont des citoyens à part entière »


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


L’Assemblée de la francopho­nie de l’Ontario (AFO) invite les francophones à être pru­dents et à s’informer en vue de faire un choix éclairé le 6 octobre prochain. Sans néces­sairement vouloir se prononcer en faveur d’un parti ou d’un autre, son président, Monsieur Denis Vaillancourt, encourage les citoyens à être visibles tout au long de la campagne électo­rale afin de se faire entendre sur leurs priorités.

« Nous voulons inviter la francophonie de l’Ontario à s’intéresser à la campagne en étant dans leur circonscription respective et en questionnant les candidats qui s’y présen­tent sur les choses qui les inté­ressent, a affirmé le président, parce que ce sont des citoyens à part entière. »

L’été dernier, l’AFO avait son­dé ses membres pour connaître leurs grandes préoccupations. Selon Denis Vaillancourt, outre les enjeux traditionnels tel l’éco­nomie, « les Franco-Ontariens ont des endroits où ils ont des acquis qu’ils veulent protéger, voire améliorer ». Il fait remar­quer que l’accès à l’éducation en langue française est l’une des choses les plus importantes pour ses membres.

Reprenant l’exemple de l’hô­pital Monfort, il souligne que l’accès à des soins de santé en français est également primor­dial. La population vieillissante nécessite de plus en plus de soins et ils sont préoccupés par l’accès à des services en fran­çais.

Les arts et la culture, de même que les services aux immigrants francophones sont d’autres in­térêts qu’aimerait protéger cette communauté minoritaire onta­rienne. Par exemple, le président de l’AFO met en évidence la dif­ficulté des franco-immigrants à s’intégrer au milieu du travail et à se trouver un emploi à la hauteur de leurs compétences.

Reconnaissance des franco­phones

Mentionnant que son orga­nisme se voulait apolitique, Monsieur Vaillancourt s’est refusé tout commentaire sur la plateforme et le site Internet unilingues anglophones du par­ti Conservateur de Tim Hudak. « Mon seul commentaire serait de dire que c’est clair que la communauté francophone sou­haiterait que les partis soient sensibles au fait qu’il y a une dualité linguistique dans cette province. Cette communauté existe depuis 400 ans », fait-il valoir. « Ce sera aux électeurs de décider si c’était approprié ou pas », conclut-il.

« On ne comparera pas les plateformes. Ce qu’on va faire, c’est qu’à partir des commen­taires reçus (de nos membres) on va élaborer un question­naire qui va circuler dans les différents partis », souligne le président de l’AFO. Une fois les réponses reçues, une com­pilation sera mise en ligne sur le site Web de l’organisme pour que les électeurs en prennent connaissance. La publication devrait se faire dans les jours précédant le vote.

Par ailleurs, l’AFO a misé sur sa nouvelle campagne publi­citaire « Je frenche mon vote » pour attirer l’attention des fran­cophones sur l’importance de participer aux enjeux politiques et à cette campagne. Son slogan, pour le moins frappant, est une façon de dire d’embrasser la francophonie et de contribuer à la société en étant actif au cours de cette campagne.


Une communauté francophone en croissance

 

 

On retrouve en Ontario près de 580 000 citoyens qui utilisent le français comme langue cou­rante, ce qui représente un peu moins de 5 % de la population totale de la province. Ces Fran­co-Ontariens se concentrent principalement dans les régions du Nord-Est, du Centre et de l’Est du territoire, cette dernière accueillant la seule division du recensement où les francophones sont majoritaires (67.5%): Prescott-Russell. Bien qu’ils soient répartis partout en province, c’est à Ottawa qu’on compte la plus importante concentration de Franco-Ontariens et de Franco-Onta­riennes, à raison de 163 000. Suivent ensuite les divisions du recensement de :

– Prescott-Russell : 53 000

– Stormont-Dundas-Glengarry : 25 000

– Grand Sudbury : 43 000

– Cochrane : 38 500

– Nipissing : 20 500

– Temiskaming : 8 000

Dans les régions de Toronto, du Niagara et de Hamilton, on y compte aussi parmi leurs ci­toyens une importante population de langue française. On remarque d’ailleurs une croissance importante de cette population dans les métropoles de l’Ontario et du Canada, soit entre 5,5 et 6% de plus que les années précédentes. Cette hausse serait en partie attribuable à l’accueil de nouveaux immigrants.

Source : Profil de la communauté francophone de l’Ontario – Assemblée de la francophonie de l’Ontario

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