Le 17 mars 2005

Les fruits du dévouement et de l’engagement!

Par Chantal Quirion


La communauté agricole pourra apprécier en grande primeur, l’oeuvre de Mme Sylvie Jean qui retrace l’histoire des soixante-quinze années d’existence de l’Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO). Au cours du lancement qui se déroulera dans le cadre de son assemblée générale, l’UCFO dévoilera officiellement, le titre de cet ouvrage très attendu.

Ce livre, comme l’indique l’auteure, s’adresse non seulement à la communauté agricole et rurale mais aussi au grand public puisque l’UCFO est intiment liée à l’histoire et au développement des francophones en Ontario.

« Sans ce laborieux travail de Sylvie Jean, il y aurait eu à jamais un grand trou de mémoire dans l’histoire de l’Ontario français et celle de l’ensemble de la présence des francophones en Amérique du Nord », écrit Pierre Glaude dans la préface.

« Je dois avouer humblement que ce livre est pour moi une source de grande fierté, affirme Mme Jean. En particulier, quand je pense qu’on y retrouve la liste de tous les administrateurs qui ont siégé sur les conseils d’administration de l’organisme depuis sa création, hormis pour les années 1938 à 1940, où les archives sont pour ainsi dire inexistantes. Ce fut là un grand défi car la majorité des documents ne mentionnaient que le nom du secrétaire général et de l’aumônier. Je suis heureuse, poursuit-elle, que tous ces bénévoles puissent ainsi jouir d’une reconnaissance publique. Plusieurs d’entre eux avaient peu d’instruction et oser participer et se mêler à des gens plus instruits, comme ils l’onf fait, témoigne d’un grand courage et d’une générosité incommensurable. »

Cet ouvrage que l’on parcourt décennie par décennie est plus qu’une simple chronologie, affirme l’auteure. On y retrouve plusieurs encarts qui traitent notamment des mouvements féminins, des mouvements de solidarité, des clubs de 4-H et des mouvements actuels en plus de fournir de nombreuses annexes et d’être documenté de plusieurs photographies. Deux chapitres sont consacrés à l’évolution de l’Union des cultivateurs franco-ontariens dans les régions du Nord et du Sud-ouest.

«Si j’avais à résumer ce livre, affirme Sylvie Jean, je dirais que c’est l’histoire d’un véritable miracle! C’est le récit fascinant d’un organisme qui a survécu aux pires crises grâce au dévouement et à l’engagement d’une poignée d’hommes et de femmes. Des gens qui n’ont jamais baissé les bras et qui malgré les difficultés n’ont jamais renié leurs idéaux. J’ose espérer que les jeunes d’aujourd’hui puiseront en ces modèles une source d’inspiration.». .

Un travail laborieux

Pendant près d’un an, l’historienne a témoigné d’une persévérance et d’une rigueur à toute épreuve sans lesquelles l’ampleur de la tâche l’eut sûrement découragée. « Je possédais quelques documents résumant l’histoire de l’UCFO mais je tenais à retourner aux sources manuscrites contenues dans les archives pour appuyer mes écrits », raconte Sylvie Jean. Les employés du Centre de recherche en civilisation canadienne- française de l’Université d’Ottawa ont dès lors apprécié sa présence quotidienne. Si le dépouillement des archives de 1929 aux années 80 fut relativement aisé, les années subséquentes lui réservaient une surprise de taille : quarante caisses de documents non classés!. « Heureusement que mon mari était là pour mencourager », se souvient-elle. À cette recherche colossale s’ajoute la lecture complète des éditions de six périodiques ontariens et québécois de leur date de création à nos jours, sans compter de nombreux ouvrages historiques. « C’est probablement le plus gros travail que j’ai fait à l’exception de ma thèse de maîtrise, constate l’auteure. Je peux dire honnêtement que j’ai fait le tour de la question ».

Bien que native du Bas-Saint-Laurent au Québec, Sylvie Jean s’intéresse très tôt à l’histoire des franco-ontariens, un sujet qui sera au c’ur de sa thèse de maîtrise en histoire canadienne qu’elle effectue à l’Université d’Ottawa. C’est dans ses lieux qu’elle rencontre son époux, l’historien Michel Prévost, ce qui l’amènera à s’établir à Ottawa. Depuis, sa carrière gravite invariablement autour de différents aspects de la culture française en Ontario et plusieurs ouvrages portent sa signature.

En 1989, Mme Jean avait porté son choix sur l’UCFO comme sujet de maîtrise, une idée qu’elle avait dû abandonner parce qu’à l’époque les archives de l’organisme n’étaient pas asséz étoffées. L’Union des cultivateurs franco-ontariens ne pouvait donc confier à personne plus désignée, la tâche d’immortaliser ses soixante quinze ans d’histoire.

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