Vie rurale

La Foire gourmande perd des ailes


Miguel Racine ³à droite¼ a dégusté pour la première fois la bière White Fog de la microbrasserie ontarienne Cassel Brewery, de Casselman. -Photo ILessard

Isabelle Lessard

Par Isabelle Lessard
Rédactrice en chef
redaction@journalagricom.ca


Les épicuriens ont été moins nombreux à se masser sous la tente du centre communautaire de Lefaivre, le 24 août, pour déguster les produits locaux que leur présentaient les agriculteurs de l’Est ontarien. Les organisateurs n’ont pas réussi à battre leur record de 9 000 visiteurs de l’an dernier et devront éponger un léger déficit.

« Nous avons atteint 7 000 participants, mais c’est moins pire que ce à quoi on s’attendait. La température de la semaine qui a précédé la Foire était exécrable, alors avec des prévisions aussi belles pour la fin de semaine de l’événement, nous nous serions attendus à ce que les gens aillent camper ou pêcher », avoue Carole Lavigne, organisatrice de l’événement.

Cette dernière ne cache pas aussi que le nouveau prix d’entrée de cinq dollars est probablement en partie responsable de cette baisse d’achalandage, mais elle explique qu’il était devenu nécessaire d’en imposer un pour continuer à offrir l’événement.

L’an passé, l’organisme qui chapeaute l’événement, le Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien, a dû éponger un déficit de 10 000$ pour cette fin de semaine. « Nous ne rentions pas dans nos coûts, alors il a fallu trouver une façon d’arriver à un budget équilibré pour être capable de continuer à offrir l’événement, soutient Mme Lavigne. On sait que c’est important pour les producteurs et les consommateurs. »

L’organisatrice précise qu’elle n’a eu aucune plainte des visiteurs au sujet du prix d’entrée, qui comprenait la traverse sur la rivière des Outaouais et le voyage en autobus entre les deux sites de Lefaivre, du côté ontarien, et Montebello, sur la rive québécoise. On estime d’ailleurs que trois personnes sur quatre ont traversé d’un côté à l’autre de la rivière pour savoir quels produits étaient servis dans la province voisine.

Les cinq dollars par adulte a donc permis d’amasser 35 000 $ de plus dans les coffres du Réseau, mais les organisateurs s’attendent tout de même à un léger déficit. Quant à la vente des billets de dégustation, vendus au coût d’un dollar chacun, on estime que les revenus sont « très comparables à l’année passée », et ce, malgré cette baisse d’achalandage.

Quelques producteurs absents
Si les gourmands étaient moins nombreux le 24 août à Lefaivre, plusieurs producteurs agroalimentaires brillaient aussi par leur absence. La quantité de kiosques alimentaires a diminué, soit sept de moins comparativement à l’année passée.

En 2013, 28 producteurs agricoles, transformateurs et traiteurs sont venus faire déguster leurs produits gourmets aux Ontariens et aux Québécois, alors que seulement 21 étaient sur place cette année.

« Nous en avons eu qui ont annulé à la dernière minute, certains pour des raisons familiales, d’autres parce qu’ils ont perdu des employés », note Carole Lavigne.

Il en coûte 300 $ par kiosque pour les membres du Réseau agroalimentaire de l’Est ontarien et 400 $ pour les autres, pour pouvoir mettre de l’avant leurs produits de la ferme. Il s’agit d’une belle vitrine pour eux puisque plusieurs réussissent à couvrir leurs frais avec la vente de produits lors de cette journée.

Ernest Labrèque, un visiteur rencontré à Lefaivre, a été enchanté par les produits qu’il y a découverts. Il s’est d’ailleurs procuré des vins du Domaine Perreault ainsi que de la gelée de baies de sureau et il a aussi fait la découverte de crème glacée faite de lait de brebis de la Bergerie des Sables. Pour des raisons pratiques de congélation, il s’est promis de s’en procurer ce dessert dans l’un des points de vente d’Ottawa, où il réside.

« La perspective transfrontalière, exceptionnelle et rare entre les deux Outaouais, jumelée à la découverte des produits du terroir franco-ontarien et à la perspective d’une belle journée estivale simple », ont fait de sa visite une belle expérience, commente-t-il.

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