Volume 28 Numéro 08 Le 1er décembre 2010

Les hausses de l’électricité loin d’être finies en Ontario


C’est la confusion totale, ces temps-ci, à propos de ce qu’auront peut-être un jour à payer les Ontariens en termes de tarifs d’électricité avec l’annonce des grands projets de construction dans le nucléaire. Et avec le nucléaire, le coût de l’électricité pourrait doubler en vingt ans, selon certains observateurs.

Chose certaine, l’écart avec les tarifs très raisonnables que payent les Québécois ne pourra qu’aller en s’accentuant, si la direction actuelle se maintient.

Il n’y a pas si longtemps, on mettait la hausse des tarifs sur le dos des « généreux » contrats d’approvisionnement en énergie verte accordés aux centrales solaires, petites et grandes, et aux parcs d’éoliennes.

Mais le tableau qui émerge de la nouvelle politique énergétique ontarienne montre une toute autre réalité. Le nucléaire pourrait faire très bien faire doubler à lui seul la facture, et l’énergie verte rester un joueur trop mineur dans le « mix » (environ 15% en 2030) pour que ses tarifs incitatifs aient vraiment d’impact sur le résultat final.

L’Ontario entend faire la réfection des vieilles stations nucléaires de Darlington et de Bruce, et bâtir deux autres réacteurs nucléaires à Darlington, pour la modique somme de 33 milliards de dollars.

Selon un organisme de conservation de l’énergie en Ontario, Ontario Clean Air Alliance, les estimés de construction du nucléaire ne sont traditionnellement jamais respectés en Ontario. Les coûts réels à la fin des projets sont en moyenne 2,5 fois PLUS ÉLEVÉS que les prévisions initiales, calcule l’Alliance.

Donc, les 33 milliards de dollars projetés pourraient vraisemblablement gonfler à plus de 83 milliards, ce qui ajouterait une charge énorme sur la facture d’électricité, la doublant pratiquement en 20 ans, selon l’Alliance.

Une meilleure solution, met de l’avant l’Alliance, serait d’importer plus d’électricité du Québec. Les capacités d’interconnexion ne seraient pas saturées et le Québec serait bien obligé d’accorder à sa voisine un prix aussi avantageux que celui qu’il offre à la Nouvelle-Angleterre: soit 6,5 cents le kWh l’an passé, précise l’Alliance.

Ce serait le tiers du coût de l’énergie nucléaire produite après la réfection de Darlington, calcule l’Alliance, les résidus radioactifs en moins. L’interconnexion actuellement disponible pourrait transmettre quelque chose équivalent aux trois quarts de la capacité opérationnelle du futur Darlington, nouveaux réacteurs inclus.

Une autre solution qui mérite d’être plus activement poursuivie en Ontario, selon l’Alliance: l’efficacité énergétique. On n’en serait qu’à 7% d’économie depuis 2006, alors que notre consommation per capita est à 35% supérieure à celle de l’état de New York. Il y aurait encore beaucoup de place pour l’éco-efficacité en Ontario et la réduction du gaspillage, croit l’Alliance.

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