Volume 30 Numéro 06 Le 9 novembre 2012

Les jeux sont faits


Par Isabelle Lessard, journaliste
redaction@journalagricom.ca


Le comité de transition de l’industrie des courses de chevaux est catégorique : une industrie de courses de chevaux viable nécessite un financement public au-delà de 55 millions $ sur trois ans. Le rapport final du comité déposé le 23 octobre au bureau du ministre de l’Agriculture suggère également qu’un nouveau modèle de financement des bourses soit refocussé sur le pari mutuel plutôt que sur les recettes des machines à sous.

 

Le comité de transition avait pour devoir de trouver une solution viable pour la survie l’industrie des courses de chevaux depuis que le gouvernement de Dalton McGuinty avait mis fin au programme des machines à sous dans les hippodromes.

 

« L’industrie des courses de chevaux de l’Ontario est à la croisée des chemins. Un avenir viable est possible, mais uniquement si le gouvernement passe à l’action maintenant », soutient le comité de transition composé de trois anciens ministres provinciaux.

 

Une analyse de la situation a permis au comité de conclure que sans une forme d’aide publique, l’industrie ne réussirait pas à tirer son épingle du jeu. Le comité recommande au gouvernement un investissement de nouveaux fonds publics dont les chiffres n’ont pas été dévoilés, et ce, sur une période de trois ans.

 

Il reconnaît néanmoins que « ce serait une erreur de rétablir le programme » de partage des recettes des machines à sous dans les hippodromes puisque depuis son implantation, il nuisait au développement d’une industrie autosuffisante. C’est du moins l’une des conclusions des cinq membres du comité qui révèle dans son rapport final que « le programme a procuré beaucoup plus d’argent que ce qui était nécessaire pour stabiliser l’industrie – son objectif initial – sans obliger l’industrie à investir dans une meilleure expérience pour le consommateur ».

 

Institué en 1999, le programme des machines à sous avait comme objectif de générer des revenus pour la province, ainsi que pour l’industrie des courses de chevaux. Pour chaque dollar dépensé dans les machines à sous, le gouvernement en recevait 75 %, et l’industrie équestre (10 %), les hippodromes (10 %) et les municipalités (5 %) se partageaient la part restante.

 

Focus sur le client
La source du financement des bourses devra être revue, selon le comité de transition qui a dans sa mire le client des courses de chevaux. Celui-ci représenterait l’une des principales sources de revenus puisque l’argent tiré du pari mutuel retournerait dans les poches des gagnants sous forme de bourses.

 

L’actuel programme de prix dédiés aux gagnants des courses de chevaux est financé à 60 % par les redevances gouvernementales issues des machines à sous présentes dans les hippodromes. Or, le comité y voyait là un problème puisqu’il s’agit d’une source indépendante du client des courses hippiques.

 

Mais cette formule nécessiterait un compromis au niveau du nombre de courses de chevaux dans la saison. Le calendrier de courses devra être amputé de moitié, pour un total de 800 jours de courses.

 

Accueil positif

Le ministre Ted McMeekin a favorablement accueilli le rapport du panel d’experts. « Le gouvernement tient à aider l’industrie des courses de chevaux à effectuer la transition. C’est pourquoi, avec l’aide que continuera de nous apporter le Comité de transition, nous allons tout de suite commencer à négocier des ententes particulières avec l’industrie pour qu’il y ait une saison des courses en 2013 et pour poser les bases grâce auxquelles le succès pourra continuer », a-t-il commenté.

 

D’autres organisations applaudissent les efforts de tous les partis pour conclure une entente satisfaisante pour tous. « La fédération de l’agriculture de l’Ontario (FAO) encourage les deux parties à entamer les négociations immédiatement afin de stabiliser et de sécuriser l’avenir de l’industrie ontarienne des courses de chevaux », a déclaré le président de l’organisme, Mark Wales.

 

Selon la FAO, l’industrie des courses de chevaux représente 60 000 emplois directs et indirects en Ontario.

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