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Les nouveaux défis du Collège d’Alfred


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Il faut renforcer les ponts entre le Collège et la communauté agricole
Samedi dernier, le 17 novembre, quelque trois cents convives donnaient le coup d’envoi des célébrations du vingtième anniversaire du Collège d’Alfred. Même à 100 $ le billet la salle était comble. Bien sûr, le repas de haute gastronomie et le spectacle de l’inimitable Jean Lapointe valaient presque à eux seuls le coût du billet, mais le signal était clair pour plusieurs, et le ministre de l’Agriculture de l’Ontario Brian Coburn n’a pas manqué de le souligner: la communauté rurale franco-ontarienne est toujours là pour soutenir son Collège d’Alfred. Bravo aux organisateurs, la formule était bien choisie; le message aux politiciens est éclatant et du même coup on réussit une levée de fonds intéressante.

Mais des observateurs avertis y ont perçu un phénomène intriguant: à peine plus d’une douzaine d’agriculteurs (y compris une table organisée par l’Union des cultivateurs franco-ontariens) étaient présents. Tout aussi troublant est le fait qu’on pouvait compter sur les doigts d’une main les anciens du Collège. Que s’est-il passé?
Le Collège d’Alfred est censé être un collège d’agriculture! Les agriculteurs franco-ontariens se sont-ils appauvris au point où ils ne peuvent se payer deux billets à cent dollars ou sont-ils tout simplement devenus ingrats à l’endroit de la main qui leur a nourri l’esprit pendant vingt ans’ Ceux qui connaissent bien la communauté agricole savent bien que ces deux hypothèses sont farfelues.

Il faut chercher des indices ailleurs pour résoudre l’énigme.
Indice # 1: Avait lieu le même soir à Vankleek Hill le Banquet Holstein du comté de Prescott, un événement annuel extrêmement important pour les producteurs laitiers de l’Est ontarien puisqu’on y décerne aux producteurs les « Oscars » et les « Félix » de la production laitière. Ils étaient nombreux à aller chercher leur trophée. Or, de toute évidence, personne n’a pensé à éviter que ces deux événements aient lieu le même soir.
Indice # 2: Avait lieu mardi le 20 novembre dernier à St-Isidore un important colloque sur la production laitière. Une vingtaine de commanditaires y avaient apporté leur concours dont une douzaine qui avaient érigé d’attrayants kiosques promotionnels. Le Collège d’Alfred était absent.
Tout ceci semble indiquer qu’il y a une perte d’intérêt des deux côtés entre le Collège d’Alfred et sa clientèle traditionnelle de la première heure; la collectivité agricole franco-ontarienne. Le Collège d’Alfred est de moins en moins présent dans la collectivité agricole et l’inverse est tout aussi vrai, les agriculteurs sont de moins en moins présents au Collège.
Ce qui est triste et alarmant, c’est que c’est en parlant du passé que les agriculteurs vantent les mérites du Collège. Ils parlent du temps où le Collège était présent dans toutes les paroisses, par le biais de son programme d’éducation permanente de l’époque où ils pouvaient aller chercher des conseils auprès des professeurs ou bien travailler avec eux à organiser des événements agricoles communautaires, ou encore des beaux jours où les portes du Collège leur étaient ouvertes gratuitement pour leur permettre d’y tenir leurs activités etc.
Or, on comprend tous que c’est à cause du manque d’argent que le Collège d’Alfred abandonne de nombreux services aux agriculteurs, mais le fait reste que le partenariat entre le Collège et la collectivité agricole donne des signes d’effritement, et de plus en plus d’agriculteurs ne s’attendent plus à grand chose du Collège, sauf une formation de qualité pour la relève.
Cette situation est très dangereuse pour l’avenir du Collège d’Alfred. Ce qu’il faut comprendre c’est que la vocation agricole et agroalimentaire du Collège est sa principale raison d’être, qui la distingue clairement de toutes les autres institutions ontariennes francophones, et qui justifie son existence comme collège autonome. S’il perd cette vocation, il risque de devenir, dans le meilleur des scénarios une pauvre succursale d’un autre collège communautaire.

Un virage créatif s’impose donc pour reconstruire de nouveaux ponts entre la communauté agricole franco-ontarienne et le Collège d’Alfred.

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