Volume 28 Numéro 05 Le 20 octobre 2010

Les préoccupations des agriculteurs du comté de Russell

Par Pierre-Alain Blais, rédacteur en chef, Journal Agricom


André Brisson, agriculteur d’Embrun dans l’Est ontarien et président de la Fédération d’agriculture de Russell. Photo Agricom.

C’était la traditionnelle assemblée générale annuelle de la Fédération de l’agriculture du comté de Russell (FAO), le vendredi 1er octobre dernier à Casselman. C’était une belle occasion de faire le point des dossiers qui préoccupent l’agriculteur de la région.

André Brisson, président de l’organisme de représentation des agriculteurs du comté de Russell, a lancé l’assemblée avec son rapport du président, devant les nombreux invités et agriculteurs qui étaient présents.

Répit dans le ramassage des animaux
Pour le dynamique président, la saga du ramassage des carcasses a connu un répit cette dernière année dans l’Est ontarien. Il explique que ce n’est pas grâce à une aide financière bonifiée de la part du gouvernement, avec lequel de nombreuses rencontres ont eu lieu, si l’équarrisseur de la région, Machabee Animal Foods, est resté ouvert et a gardé sensiblement les mêmes prix.

C’est plutôt la résultante doeune série d’événements inattendus: Il y a près doeun an, le propriétaire Guy Machabée a pu trouver un marché inespéré pour le cuir des animaux morts et a ainsi pu rendre à nouveau abordables les services d’enlèvements des carcasses d’animaux de ferme qu’il offre aux éleveurs de la région.

Avant ce redressement de situation, M. Machabée estimait perdre de 18 à 20 milles dollars par mois et doutait de pouvoir continuer bien longtemps sans avoir à hausser massivement ses tarifs. Le coût de ramassage doeune carcasse de vache à la ferme a été augmenté à 125$ plus TPS, l’an dernier.

Go-karts de visibilité
D’autre part, l’activité de financement qui en était à sa deuxième année chez Top Karting de Gatineau a été un succès, rapporte le président Brisson.

Une somme de 3500$ a été recueillie par la participation de 42 coureurs de karting et de très nombreux commanditaires de l’événement, la plupart des commerces et entreprises de services agricoles bien connus dans l’Est ontarien.

Les commanditaires avaient l’occasion de placer leur bannière derrière le go-kart, si bien que les gens décrivaient la course en se référant au nom du commanditaire que portait le go-kart, raconte André Brisson, un fait anodin qui met en évidence le rôle que jouent les commanditaires dans la vie des associations communautaires.

Sur un ton plus sérieux, André encourage les membres agriculteurs de la FAO à remercier les commanditaires donateurs pour leur généreux appui de 75$. C’est une des façons dont on peut faire valoir la commandite qu’ils ont consentie, explique-t-il.

À noter que toute activité de financement entraîne des coûts élevés. Dans le cas du Top Karting, les coûts ont été tels (près de 2500$), que la FAO Russell a dû piger dans son fonds général pour compléter les quatre bourses d’études de 500$ qu’il a offert pour une deuxième année.

Enfin, André a profité de la présence de nombreux politiciens municipaux pour leur rappeler que les agriculteurs et leurs besoins doivent aussi être pris en considération quand vient le temps d’accorder des permis de construction résidentielle près d’étables existantes.

Il a donné l’exemple des puits domestiques situés trop près des limites de terrain, qui viennent amputer une large part des travaux agricoles qui peuvent être effectués dans un certain rayon de l’autre côté de la clôture.

Une nouvelle politique alimentaire pour le Canada
Réjean Pommainville est le conseiller régional du comté de Russell dans la nouvelle infrastructure à plusieurs paliers de la FAO provinciale. C’est durant les quatre rencontres annuelles des conseillers que se préparent les prochaines batailles politiques et se précisent les enjeux de la Fédération.

En bref, on y discute « des sujets qui peuvent devenir chauds pour la région ou la province », lance M. Pommainville, qui est actif à la FAO depuis des décennies.

Parmi ces sujets chauds, les pertes économiques qu’occasionnent de plus en plus les animaux sauvages en agriculture. On pense aux coyotes, évidemment, qui ont pris l’habitude de faire de la prédation sur les petits animaux, comme les veaux ou les moutons, et cela, souvent près des bâtiments. Mais le problème s’intensifie d’année en année.

Des producteurs présents ont parlé des fameux corbeaux, ces gros et (trop) intelligents oiseaux noirs, qui s’attaquent souvent aux sacs de vidange à la recherche de restes de table comestibles. Eh bien ! Il semblerait que ces corbeaux s’attaquent à tout emballage plastique, et que certains ont pris la mauvaise habitude de percer les emballages des grosses balles de foin, ce qui entraîne des pertes de qualité doeune quantité non-négligeable de fourrages entreposés. Ils iraient jusqu’à « picocher » aussi les grands sacs de semences et d’engrais en vrac, devenant vraiment des pestes dans la cour de ferme.

La loi et ses règlements seront renforcés bientôt à ce sujet, dit M. Pommainville. Les agriculteurs devraient pouvoir bénéficier de meilleures compensations lorsqu’ils perdent des animaux en raison de la prédation d’animaux sauvages.

Un autre sujet qui risque de devenir chaud, est une nouvelle esquisse de politique alimentaire canadienne, mise de l’avant par une coalition d’organisme de représentation agricole. C’est ce que les agriculteurs souhaiteraient être adopté par les politiciens et qui représente le mieux leurs aspirations politiques.

Tarif solaire conservé à 80,2 ¢
Alex Ferguson est administrateur régional, représentant la zone n14 auprès de la Fédération provinciale de l’agriculture. Il est lui aussi venu livrer son rapport sur les enjeux « chauds ».

Le service des communications de la FAO, un élément important de la relation avec les membres, a récemment changé sa façon de faire. Le service sera assuré par une tierce partie pour une période d’essai de trois mois, au bout de laquelle les résultats seront évalués. On espère qu’ON-Communication fera un excellent travail « avec les comtés ».

M. Ferguson rapporte aussi le lobby intensif de la FAO, qui a contribuer à faire changer la décision du gouvernement et à rétablir le tarif original auquel l’électricité solaire est achetée par la province.

De nombreux agriculteurs avaient déjà engagé des dépenses importantes dans des petites centrales solaires de moins de 10 kwh, quand le tarif de 80,2 cents le kilowattheure, garanti 20 ans, avait été coupé soudainement et sans consultation.

L’ancien tarif reste valable pour tous ceux qui avaient fait parvenir une demande en bonne et due forme aux autorités avant le 2 juillet 2010 et qui ont pris soin de la renouveler, rappelle M. Ferguson.

Privilèges de membres accrus
Enfin, les membres de la FAO ont droits à de plus en plus de privilèges en plus doeun régime d’assurance Cooperators fait sur mesure pour l’agriculteur. Ainsi, depuis quelques temps, les membres de la FAO ont droit à des rabais de 10 à 15 % chez le quincaillier TSC et chez Mark?s Work Wearhouse.

Le siège social reçoit en échange de cette visibilité, un « patronage » qui s’est élevé à quelque 16 000$ l’an dernier, révèle M. Ferguson.

De nouveaux rabais devraient être disponibles très bientôt auprès du fournisseur de téléphonie cellulaire Telus en Ontario.

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