Le 6 août 2003

Les producteurs bovins en ont assez d’attendre

Par Christine Rieux, collaboration spéciale


C’est quelque 200 personnes désireuses d’apprendre et de faire entendre la voix du secteur bovin qui se sont réunis mardi le 5 août au soir à St-Albert suite à une invitation émise par les 5 membres du Conseil consultatif de la Cattlemen’s Association (l’Association des éleveurs de bovins de l’Ontario).

Après avoir assisté à une session d’ateliers d’informations sur le fonctionnement du Programme compensatoire pour l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), ces 5 membres ont décidé de partager et de diffuser l’information générale du programme aux gens du milieu et d’en profiter pour leur offrir l’occasion de s’exprimer auprès des gouvernements fédéraux et provinciaux au sujet de la situation de crise actuelle auquel ils font face depuis le 20 mai 2003, soit la découverte du seul et unique cas de ESB au Canada.

Après un bref survol de la présente situation à laquelle fait face l’industrie canadienne en entier et du Programme compensatoire, les acteurs politiques ont invité les gens présents à faire entendre leurs voix. « Nous tiendrons une réunion du cabinet le 18 août prochain et il est primordial pour moi de transmettre les commentaires que vous partagerez avec nous ce soir au ministre Vanclief », entame l’honorable Don Boudria.

Celui-ci poursuit en affirmant que même en ces temps difficiles, il faut reconnaître la fidélité et le support des consommateurs canadiens qui ont fait grimper le pourcentage de vente de viande de boeuf depuis le 20 mai dernier. Il poursuit en disant que nos produits bovins se classent parmi les meilleurs au monde selon des experts canadiens et internationaux.

M. Vanderbill, producteur bovin, connaît comme la plupart des gens présents à cette soirée, les faits évoqués par M. Boudria mais se demande pourquoi l’épicerie du coin continue à vendre les viandes bovines à des prix qui ne reflètent pas du tout les sommes dérisoires que reçoivent les producteurs bovins présentement. En guise de solution, il propose non pas de cesser nos importations des produits américains (comme l’on fait quelques-uns présents) mais plutôt des prix au détail qui refléteraient la réalité et surtout une aide immédiate de la part des gouvernements.

Tandis que d’autres suggèrent au gouvernement d’imposer aux producteurs l’obtention d’un permis qui ne leur permettrais de produire dorénavant qu’un minimum de 50% de leur troupeau initial avant le 20 mai pour diminuer les dommages, M. Arnold Pornoprie, producteur bovin de St-Isidore, propose pour sa part au gouvernement d’imposer le compostage de 50% du présent bétail pour ainsi aller de l’avant avec la commercialisation de 50% qui demeure. À vrai dire, pour des gens comme Mme Becker qui ont dû vendre des vaches de 1250lbs à 2 cents la livre ? coûts de transports exclus ? cette alternative peut sembler plus intéressante.

Quoiqu’il en soit, ce sont des producteurs avides de voir du changement face à la présente situation qui se sont présentés à cette session d’information mardi dernier. Leur but, s’informer de ce qu’ils peuvent faire mais aussi de ce que nos politiciens feront pour remédier au dilemme non seulement dans le domaine bovin mais également dans les domaines connexes qui seront affectés,comme par exemple celui des grandes cultures et du transport.

Pour l’instant tout ce que Don Boudria ainsi que les autres représentants politiques tels que Jean-Marc Lalonde ont pu promettre, c’est de représenter leurs opinions aux parlements et de faire leur possible pour veiller à ce que le dossier aille de l’avant et ce dans les plus brefs délais. Mot d’ordre de M. Boudria: garder l’oreille et l’?il ouverts pour voir ce qui adviendra de la rencontre du cabinet qui se tiendra le 12 août prochain.
Les gens désireux de se procurer la trousse pour le programme compensatoire peuvent le faire soit au bureau du MAAO le plus près de chez eux mais également en ligne sur le site Internet du Ministère (www.maao.on.ca). On annonce également qu’il y aura une ligne d’écoute sans frais qui sera disponible sous peu pour permettre aux intervenants de trouver des réponses rapides à leurs questions.

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