Volume 29 Numéro 19 Le 1er juin 2012

Les producteurs de fruits devront se refaire la cerise

Par Josianne Haspeck, collaboratrice
info@journalagricom.ca


Ce ne sont pas seulement les producteurs qui se mordront les doigts cet été. Les consommateurs aussi. On estime que le prix de vente des pêches et nectarines sera plus élevé qu’habituellement en raison des changements radicaux de température au cours des derniers mois.

Les producteurs de fruits ontariens subissent, de mémoire d’homme, la pire situation jamais vécue. En raison de températures plus chaudes qu’à la normale au cours de l’hiver dernier et de périodes de gel qui se sont avérées désastreuses au printemps, la production de plusieurs variétés de fruits est compromise, voire entièrement détruites. Les pertes estimées s’élèvent à 100 millions $.

« Pour les plantations qui ont été dévastées quasi complètement, il reste tellement peu de fruits que je ne suis pas certain de ce à quoi les prix vont ressembler. On peut penser que les pêches seront vendues plus cher, mais tout de même à un prix raisonnable », convient Phil Tregunno, président de l’Agence de commercialisation des Producteurs de fruits tendres de l’Ontario.

Les températures quasi estivales ressenties ce printemps ont amené les arbres fruitiers à bourgeonner tôt, devenant ainsi vulnérables aux gels et températures plus froides qui ont suivi. Le gel a causé des dommages qui ont pour conséquences que certains arbres ne donneront pas de fruits cette année. S’ils le font, ils offriront un rendement beaucoup plus faible qu’à l’ordinaire. Selon lui, les prix devraient toutefois revenir à la normale dès l’an prochain puisque les plantations devraient redevenir aussi productives.

Pour prévenir cette situation, les fruiticulteurs de l’Ontario ont utilisé des souffleuses à air chaud pour faire descendre de l’air moins froid sur les arbres, mais cette technique n’a pas produit donné les effets escomptés dans plusieurs cas.

Du jamais vu
Représentant les producteurs de pêches, nectarines, poires, prunes, raisins et cerises, M. Tregunno indique que tout le sud de l’Ontario a été touché par ces variations de température dévastatrices. Selon les plus âgés des 350 membres du regroupement, aucune situation du genre n’est survenue par le passé. Les pertes de l’industrie à la grandeur de la province sont estimées à 48 millions de dollars si on ne prend en compte que la production de fruits tendres. Pour ce qui a trait à l’industrie, les pertes sont évaluées à 24 millions de dollars.

« Tous les producteurs de fruits sont affectés par la situation d’une certaine façon », estime M. Tregunno. On estime que 80 % des pommiers sont affectés, ainsi que 30 à 40 % des plantations de pêches et nectarines. Le nombre total de plantes cultivées desquelles on pourra récolter des fruits sera donc nettement plus bas pour les pêches et nectarines, mais leur nombre devrait être suffisant pour approvisionner le marché. « Les plantations de cerises et de prunes sont pratiquement 100 % perdues. Pour les pêches, certains producteurs sont soustraits de cette catastrophe. D’autres ont tout perdu », mentionne-t-il.

« Espérons que les détaillants locaux vont continuer de nous soutenir puisque 70 % des plantations de pêches et nectarines sont en bon état. On va simplement manquer de fruits plut tôt en fin de saison », signale M. Tregunno.

Début de saison lent
Selon le directeur général de l’Ontario Berry Growers Association, Kevin Schooley, la récolte de petits fruits s’annonce, de son côté, prometteuse cette saison. Toutefois, en ce début de temps des fraises, il admet que les variétés précoces connaissent un départ lent en raison de gelures que les plants ont subies ce printemps. Autrement, la saison des fraises et des framboises devrait être profitable, résume-t-il.

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