Le 17 mars 2005

Les producteurs de grains sonnent l’alarme!

Par Chantal Quirion


En tête de liste des demandes présentées par la Coalition figure la somme de 300 millions pour les producteurs de grandes cultures. On veut que cette somme soit octroyée dans les plus brefs délais, faute de quoi, plusieurs producteurs de céréales et d’oléagineux ne pourront pas acheter leurs semences ce printemps, estime Jean-Marie Ménard, président des producteurs de maïs dans le comté de Russell.

De l’avis de M. Ménard corroboré par plusieurs manifestants, ces producteurs ne peuvent plus continuer à absorber les pertes qui résultent en grande partie du fait que les prix du marché mondial se situent en dessous de leurs coûts de production. Ceci notamment, parce que les États-Unis et l’Europe subventionnent fortement leurs agriculteurs dans ce secteur de production. On évalue le montant de ces subventions à 275$/acre en Europe, à 300$/ acre aux États-Unis et à un maigre 25$/acre au Canada. De ce fait, plusieurs convois de maïs américains trouvent preneurs en Ontario, affirment de nombreux producteurs, pendant que le maïs ontarien demeure dans les silos.

Certaines provinces comme l’Alberta et le Québec pallient à cette situation en étant plus généreuses à l’endroit de leurs producteurs par le biais de programmes d’aide complémentaires à ceux du fédéral.

Le prix des grains, dont le maïs, atteint des records à la baisse qui rejoignent les prix les plus bas connus en vingt-cinq ans. À l’opposé, le coût des intrants ne cesse d’augmenter. Entre 1997 et 2003, le prix du carburant et celui des assurances ont connu des hausses de plus de quarante pour cent.

En conséquence, la somme de 300 millions est jugée indispensable pour assurer la survie de ce secteur à court terme. Cependant, il demeure indispensable que le gouvernement se penche sur l’avenir à long terme: «Ça va prendre une réforme en profondeur des programmes d’assurance-production, considère le président de l’Union des cultivateurs franco-ontariens, Pierre Bercier. Les producteurs ontariens demandent au gouvernement d’établir ces programmes en fonction des coûts de production, plutôt qu’en fonction du prix de vente fixé à la Bourse de Chicago ».

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