Volume 31 Numéro 11 Le 7 février 2014

Les producteurs du Témiskaming bouderont le canola


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Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Les producteurs du Témiskaming se souviendront longtemps de 2013 comme l’année de l’infestation de la cécidomyie du chou dans les nombreux champs de canola. Cette région du nord, qui a été la plus affectée de la province par cet insecte ravageur, risque de tourner le dos à cette culture en 2014, selon les agronomes. Tout indique que la production diminuera de 40 %.

Selon les chiffres exposés lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association des producteurs de canola de l’Ontario, tenue le 22 janvier à Alliston, le rendement obtenu au Témiskaming a à peine frôlé le 0,51 t/acre, alors que la moyenne ontarienne atteignait 0,76 t/acre – contre 1,33 t/acre à Nipissing.

Plusieurs experts s’entendent pour dire que les cultivateurs de canola prévoient donc diminuer les superficies ensemencées dans la prochaine année. Daniel Tassé, du ministère de l’Agriculture de l’Ontario, croit que seulement 10 000 acres seront semées, soit une diminution de 40 % par rapport aux 16 500 cultivés en 2013.

C’est très peu comparativement aux 24 000 acres qu’on a déjà connus, ce qui représentait la moitié de la production totale ontarienne.

« Il se cultivera probablement plus de soya », croit M. Tassé. À son avis, plusieurs producteurs de canola perdront leur audace et adopteront une attitude plus prudente, en attendant de voir si les producteurs de semences  offriront de nouvelles de variétés ou si de nouveaux insecticides seront homologués.
La prudence est de mise

Ceux qui ont quand même l’intention de semer du canola devront suivre de plus près le développement de l’insecte pour identifier le bon moment pour arroser l’insecticide. C’est que selon M. Tassé, les champs de l’été dernier ont été arrosés trop tard. Il aurait fallu tuer les adultes avant qu’ils ne pondent et non chercher à détruire les larves.

Certains producteurs nous ont confié avoir arrosé jusqu’à trois fois et avoir quand même eu de faibles rendements, alors que d’autres n’ont rien épandu et ont obtenu des rendements satisfaisants.

Pour Stéphane Cloutier, producteur de canola d’Earlton et membre du conseil d’administration de l’Association des producteurs de canola de l’Ontario, pas question d’abandonner cette culture qui apporte un revenu important à la ferme. Au contraire ! Il y a des leçons à tirer de l’été 2013.

« C’est en diminuant la surface de canola de 50 % qu’on va pouvoir surveiller et faire le traitement sur la plante au bon moment, a-t-il confié à Agricom. Il va falloir aussi semer tôt. Le printemps dernier, le canola que j’ai semé après une certaine date a été attaqué beaucoup plus que le premier que j’ai semé. »

Il s’agit d’ailleurs de l’une des recommandations émises par la chercheuse de l’Université de Guelph, Rebecca Hallett, lors du congrès. Selon elle, plus le canola a été semé tôt, moins il est vulnérable si l’insecte apparaît.

Plusieurs autres aspects de la production de canola ont aussi été abordés lors de l’assemblée annuelle des Producteurs de canola de l’Ontario. La chercheuse a indiqué qu’il n’y avait malheureusement pas de recette miracle pour éviter l’infestation, mais elle a offert de bonnes pistes aux producteurs.

Selon ses observations, le meilleur moment pour épandre l’insecticide est lorsqu’on observe 20 adultes sur les pièges. Idéalement, il devrait y avoir 4 pièges par champ avec un suivi 2 à 3 fois par semaine

Il n’y a malheureusement aucun insecticide homologué pour l’instant, bien qu’il y en ait deux à l’essai.

Elle a souligné l’importance de respecter les recommandations quant à la rotation des cultures parce que l’insecte peut survivre jusqu’à deux ans et les rigueurs de l’hiver ne semblent pas l’affecter.

L’Ontario a cultivé 46 000 acres de canola en 2013.

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