Le 15 mai 2002

Les producteurs inquiets face à la menace de l’intégration Pas de grosses fermes industrielles dans Saint-Jean-Valleyfield


L’intégration industrielle inquièterait les producteurs agricoles du sud-ouest de Montréal. Ils craignent en outre que les contrats qui les uniraient aux grands intégrateurs n’engendrent une diminution de leur pouvoir décisionnel. Ils ont une réticence à se voir devenir de simples salariés dans leurs entreprises.

Telles sont quelques-unes des préoccupations qu’ont livré les productrices et les producteurs de la Fédération de l’UPA de Saint-Jean-Valleyfield à l’occasion d’une réflexion régionale sur l’avenir des entreprises agricoles réalisée à l’automne dernier.

Les producteurs se disent actuellement en mode de veille lorsqu’il est question d’intégration. Bien que controversée, l’intégration serait parfois utile selon les participants. Les producteurs se disent conscients du phénomène d’intégration et de sa présence sur le territoire. Ils se disent peu surpris du portrait de leur région qui montre qu’ils sont de moins en moins nombreux à oeuvrer dans le domaine de l’agriculture. Le nombre de fermes, en effet, ne cesse de diminuer (de moitié en 20 ans), alors que les revenus, quant à eux, augmentent, selon les données d’un portrait de l’économie agricole tracé à l’automne dernier.

Pour faire face au marché, les entreprises agricoles choisissent de prendre de l’expansion, de se regrouper. En se consolidant, la gestion de l’entreprise devient plus complexe. La ferme est plus difficilement transférable, donc moins accessible pour la relève. Le transfert d’entreprise est devenu un travail ardu qui nécessite une préparation à long terme, disent les producteurs.

L’intégration aura contribué dans certains cas au maintien de l’activité agricole, en permettant d’accéder à certaines productions qui nécessitent de gros investissements peu accessibles pour le producteur moyen.

Les producteurs de Saint-Jean-Valleyfield reconnaissent que l’accès aux connaissances techniques et au financement est parfois facilité par le modèle de l’intégration. De plus, les risques financiers sont partagés entre le producteur et l’intégrateur. L’intégration serait aussi une porte d’entrée pour la relève et une stimulation pour l’économie régionale, constatent les producteurs.

En conclusion, les producteurs croient que certaines actions doivent être entreprises pour faire face aux forces qui poussent à l’expansion des fermes. En outre, de nouveaux outils financiers devront être développés pour faciliter le transfert des fermes, pour assurer la viabilité des petites entreprises et protéger la mise en marché collective, disent-ils. En plus, des solutions doivent être partagées pour encadrer et faciliter l’accès des entreprises à la relève agricole.

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