Volume 32 Numéro 22 Le 7 août 2015

Les producteurs remettent les pendules à l’heure



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NDLR Les Producteurs laitiers du Canada réagissent ici à l’opposition de certains groupes d’intérêt dans l’épineux dossier de la gestion de l’offre, sujet abondamment discuté dans le cadre des négociations du Partenariat transpacifique (PTP). Voici leur position.

Depuis des mois, les producteurs canadiens font l’objet d’attaques concertées au sujet de la gestion de l’offre, système qui fournit aux Canadiens les produits laitiers, la volaille et les œufs.Les producteurs aimeraient donc avoir la possibilité de déboulonner ces mythes.

Influence sur les prix

La gestion de l’offre ne fait pas augmenter les prix pour les consommateurs. Nous ne déterminons pas les prix à la consommation. Les détaillants et les restaurateurs fixent les prix en fonction de ce qu’ils estiment que le marché est prêt à payer. Ils fixent le prix des aliments — et de tout le reste — en se basant sur de nombreux éléments qui tiennent compte entre autres, de la concurrence entre détaillants, du positionnement des marques, du prix des articles concurrents et des spéciaux pour attirer les consommateurs en magasin. Ces prix n’ont rien à voir avec le montant que reçoivent les producteurs

Dans les faits

Le poulet est actuellement la protéine animale la moins chère. Au cours des deux dernières années, le prix du poulet a augmenté de seulement trois % alors que d’autres viandes, lesquelles sont librement négociées, ont augmenté jusqu’à 20 %.

Une étude de Nielsen a démontré qu’en 2014, les consommateurs ont payé en moyenne 1,30 $/litre pour du lait frais au Canada, comparativement à 1,83 $ en Nouvelle-Zélande, 1,81 $ en France, 1,15 $ aux États-Unis, 1,19 $ en Allemagne et 2,35 $ en Chine.

Au cours des quinze dernières années, le prix à la consommation annuel moyen pour un dindon entier surgelé au Canada était de 2,92 $ par kg comparativement à  3,34 $ par kg aux États-Unis.  Il a été parfois un peu plus élevé, plus souvent moins élevé, mais jamais très différent du prix payé aux États-Unis.

Une douzaine d’œufs, l’œuf étant la source de protéine la plus complète, coûte moins cher que le prix moyen d’un café latté.

Un obstacle au libre-échange

La gestion de l’offre n’est pas un obstacle au PTP. Le gouvernement du Canada a réussi à négocier 12 accords commerciaux avec 43 pays depuis 1994. Tous ces accords ont permis d’ouvrir de nouveaux marchés, d’améliorer les règles commerciales et de préserver la gestion de l’offre. Le Canada est déjà le 6e importateur en importance de produits agroalimentaires et le 1er si l’on fait le calcul par habitant. Nous n’avons donc aucune leçon à recevoir des autres pays en matière d’accès aux marchés.

Tous les pays qui participent au PTP ont des éléments qu’ils souhaitent protéger. Les États-Unis, par exemple, restreignent depuis longtemps les importations de sucre et de produits laitiers; le Japon possède un long historique de protection de son secteur du riz; et la Nouvelle-Zélande a toujours ardemment défendu son programme pharmaceutique.

La gestion de l’offre n’est pas subventionnée
Les industries canadiennes des produits laitiers, de la volaille et des œufs ne reçoivent aucune subvention du gouvernement, contrairement à d’autres secteurs agricoles. Dans les pays où la gestion de l’offre n’est pas en vigueur et même ici au Canada, certains secteurs sont subventionnés. Les consommateurs paient donc deux fois pour la plupart des aliments : une fois par l’entremise de leurs impôts, qu’ils achètent des produits ou pas, puis une autre fois à l’épicerie.

Le Canada n’est pas un marché fermé
Le Canada est un important marché pour des pays du monde entier — même pour les produits visés par la gestion de l’offre. Par exemple, le Canada importe plus de poulet que six des pays du PTP (dont les États-Unis) combinés. Pourtant, la Nouvelle-Zélande et l’Australie, cités comme des modèles à imiter, n’importent aucun poulet.

La gestion de l’offre en chiffres

La gestion de l’offre au Canada, c’est :16 667 producteurs,  332 006 emplois, 11,3 milliards de dollars en recettes monétaires agricoles, 27,5 milliards de dollars de contribution au PIB du Canada et 6,4 milliards de dollars versés en taxes et impôts.

Le démantèlement de la gestion de l’offre ne réduira pas les prix à la consommation
Dans les pays où la gestion de l’offre a été démantelée, par exemple en Australie et en Nouvelle-Zélande, les prix ont en fait grimpé pour les consommateurs, alors que les revenus des producteurs ont diminué ou sont demeurés les mêmes.

Le prix intérieur moyen pour deux litres de lait en Nouvelle-Zélande a grimpé de 11,3 % entre mai 2013 et mai 2015, même si ce pays est un important exportateur de lait et qu’il possède l’un des plus faibles coûts

Un gage de stabilité

Il y a plus de 1 000 fermes de production d’œufs au Canada réparties partout au pays, et la taille du troupeau moyen est de 23 000. En comparaison, il y a environ 200 fermes aux États-Unis concentrées dans quelques États, et la taille du troupeau moyen est de 1,5 million. Grâce à la gestion de l’offre, qui assure la stabilité des exploitations familiales, lorsqu’une crise comme l’influenza aviaire hautement pathogène frappe le Canada, les producteurs peuvent contenir l’épidémie, en atténuer les effets, amortir l’impact pour les consommateurs canadiens et protéger les animaux, sans avoir à composer avec les incertitudes propres aux importations.

 

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