Le 17 novembre 2004

Les RACT de la PPO: au service des communautés rurales

Par Chantal Quirion


Jean Coutu est enquêteur pour la Police provinciale de l’Ontario. Il travaille au sein d’une unité affectée spécialement à la communauté rurale. Son territoire, l’Est de l’Ontario, est victime de nombreux vols de tracteurs depuis un an. Photo C.Quirion.

Jean Coutu, vous connaissez? En effet son nom est populaire, et avec la nouvelle vague de campagnes publicitaires, il se fait souvent taquiner. Cependant le « Jean Coutu » dont il est ici question est enquêteur pour la Police provinciale de l’Ontario. Son unité, la « Rural and Agricultural Crime Team » (RACT) est affectée principalement aux crimes en milieu rural et est financée par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation de l’Ontario.

Le territoire desservi par la police provinciale est divisé en cinq régions et chacune d’elle possède son unité spécialisée en milieu rural. « Tout cela a commencé, il y a cinq ans, raconte M. Coutu. À cette époque, un malaise avait été identifié au sein de la population, qui par voie de sondage, indiquait qu’elle ne se sentait pas en sécurité, le vol venant en tête de liste parmi les préoccupations. Les citoyens affirmaient alors ne plus se sentir chez eux suite à un vol et plusieurs craignaient d’en être victime ».

Il fallait donc renforcer les effectifs pour rassurer la population et doter les régions rurales d’une protection égale à celle des villes. C’est ainsi que prirent naissance cinq unités spéciales RACT, pour lesquelles le MAAO décida de souscrire. Chaque unité est formée d’un superviseur et de quatre enquêteurs qui s’occupent de délits perpétués contre la propriété en milieu rural exclusivement. Les homicides et les crimes contre la personne relèvent d’une autre faction.

M. Coutu est assigné à la région est ontarienne. Avant d’être enquêteur, il a d’abord débuté sa carrière comme patrouilleur en 1986 pour devenir enquêteur aux crimes majeurs en 1992, suite à quoi, il allait passer quatre ans dans la brigade des stupéfiants. En 1996, il revenait dans l’Est ontarien et intégrait son unité, le RACT en 1999.

En général, ses services sont requis lorsqu’un criminel répète ses méfaits ou que des délits semblent reliés par une structure, un réseau. Il intervient rarement pour un cas isolé, cas qui relève alors de la police municipale. Qu’il s’agisse d’un pyromane, d’un voleur ou d’un fraudeur, sa tâche à lui est d’établir les liens qui lui permettront éventuellement d’orienter ses filatures qui dans plusieurs cas se soldent par l’arrestation du criminel.

La filature occupe d’ailleurs une bonne part du temps des enquêteurs. C’est une unité qui nécessite beaucoup de ressources humaines. « Ça ressemble à ce que l’on voit dans les séries policières télévisées, constate cet enquêteur, sauf que dit-il, à la télé la filature se termine au bout d’une heure. Dans notre cas, cela peut durer un mois, parfois même, un an. »

Pour certains dossiers, la RACT fait appel à des experts pour esquisser le profil psychologique des criminels, de façon à déceler dans leur façon d’opérer des indices pouvant mener à l’identification de suspects. Ces dossiers sont nombreux et variés allant des épidémies d’incendies criminels en passant par la fraude, le vol de grains, le vol de veaux et plus récemment le vol de tracteurs et de véhicules tout-terrain.

« Depuis un an, 122 vols de tracteurs ont été perpétrés dans l’Est ontarien. M. Coutu a investi de nombreux efforts dans ce dossier, cependant croit-il, une collaboration accrue de la population pourrait aider à faire accélérer l’enquête. « Malheureusement, les gens ont souvent tendance à penser qu’il vaut mieux se mêler de ses affaires. Parfois, ils peuvent être témoins de pratiques suspectes mais ne jugeront pas nécessaire de le signaler à la police. Cela pourrait être par exemple, quelqu’un qui fait du commerce mais qui n’expose pas en devanture la marchandise de valeur. Quelqu’un qui vous entraîne toujours dans la cour arrière pour vous proposer des occasions d’affaires ou encore qui vous propose des prix nettement en dessous de la valeur réelle. Ce sont là, dit-il, des pratiques qui devraient être signalées à la police. »

L’enquêteur Coutu rappelle que le recel peut-être passible d’une peine d’emprisonnement pouvant atteindre dix ans et qu’acheter d’un receleur constitue également un crime puni par la loi.

Un autre facteur amène Jean Coutu à penser que la population pourrait aider dans ce dossier: « Plusieurs vols de gros tracteurs ont eu lieu la nuit, dit-il. Je ne peux pas croire que personne n’ait rien entendu ou suspecté quelque chose d’anormal ».

M. Coutu invite fortement les citoyens qui ont des soupçons quant à la légalité des activités ou des possessions d’un tiers, à communiquer avec lui au 613.284.4509 ou encore avec le service téléphonique « Échec au crime » (Crime Stoppers) en composant le 1.800.222.8477. Dans les deux cas, l’anonymat des informateurs est garanti, et ce, parole de Jean Coutu!

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