Volume 33 Numéro 15 Le 08 avril 2016

Les sucreries dans le Nord de l’Ontario


La Sucrerie Séguin dans la région de la Rivière des Français.

Marc Dumont

Par Marc Dumont
Correspondant – Nord de l'Ontario
info@journalagricom.ca


Selon l’Association des producteurs de sirop d’érable de l’Ontario, la région Algonquin qui couvre le territoire de Huntsville à Nipissing Ouest constitue le secteur nord de l’Ontario. Dans cette région, il y a  11 érablières commerciales. Celle qui est le plus à proximité des lecteurs d’Agricom est la Sucrerie Séguin.

Située dans la région de la Rivière des Français, cette érablière de 8000 entailles est dans la famille Séguin depuis 1950. Au cours des années, elle est passée du grand-père au fils et depuis quatre ans, l’érablière est la propriété des enfants et de leur conjoint : Daniel et Tracy Séguin ainsi que Michel et Louise (sœur de Daniel) Demers. En plus de produire le sirop d’érable, la Sucrerie Séguin transforme le sirop en sucre, en beurre, en gelée et en tire.

En 2008, il y a eu une modernisation des installations avec l’osmose inversée, des tubulures et du pompage. Depuis, la moyenne par entaille est passée de ,45 litre à ,9 litre de sirop. Cette année encore, la sucrerie a été ouverte au public les dimanches pour des randonnées et pour se sucrer le bec à la tire d’érable. Elle a aussi participé à la fin de semaine de l’érable les 3 et 4 avril avec les 11 autres érablières de la région Algonquin. Pour les Séguin, cela représente 400 visiteurs. Enfin, fait à noter : la Sucrerie Séguin est la plus grande érablière de l’Ontario qui exploite exclusivement des érables sur les terres de la couronne.

Vous êtes surpris? Daniel explique que contrairement à l’industrie acéricole du Québec, les érablières commerciales de l’Ontario sont presque toutes sur des terrains privés. Pourtant plusieurs d’entre elles ne produisent que 20% du sirop nécessaire à leurs activités. Elles doivent acheter le reste. Il y a bien sûr des érablières artisanales ou familiales sur des terres publiques, mais c’est un phénomène marginal.

Alors pourquoi laissent-on tous ces érables inexploités de la région de North Bay? « Le gouvernement n’a pas fait de promotion et l’Association des Producteurs de sirop d’érable de l’Ontario veut garder la situation comme elle est », dit Daniel. Il attribue cela à la perspective de baisse des prix si plus d’érables étaient entaillés sur les terres publiques. Puis, des Québécois mécontents des contrôles imposés par leur Fédération exploitent des érables dans le Maine. Ça aussi risque de changer la donne : aux États-Unis, il n’y a ni quotas, ni restrictions à l’exportation. Pourtant, les producteurs de sirop d’érable de l’Ontario veulent augmenter la production à l’exportation de 20%.  Pour que cela se fasse, selon Daniel, il faudra que les érablières commerciales actuelles commencent à entailler les érables  sur les terres de la couronne  à proximité de leur propriété. Puis parlant d’exportation,  la réglementation américaine sur l’importation du sirop d’érable en a déjà découragé plus d’un à son avis.

Quoi qu’il en soit, toutes ces préoccupations n’empêchent pas Daniel d’affirmer, en parlant de sa récolte de cette année. « Je suis optimiste. On a eu une première  coulée de huit jours et ça nous a donné 4,6 litres par entaille. Après le froid qu’on a eu, la deuxième coulée reprend et elle s’annonce prometteuse. »

À titre de renseignement, il y a très peu d’érables au Témiskaming et ils commencent à peine à couler. Dans la Petite enclave argileuse, le sol est trop lourd pour l’érable. Quant au district de Cochrane plus au nord, c’est principalement  une région de conifères, de peupliers, de trembles et de frênes noirs. Il y a trop de froid et de vent pour l’érable ou le chêne.

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